Blogue du commissaire

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Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

Une grande voix médiatique francophone de l’Ontario s’éteint

C’est avec une immense peine que nous venons d’apprendre le décès d’Adrien Cantin, l’un des plus grands journalistes de l’Ontario français.

Son implication dans le monde des médias débute dans les années 1970, auprès des hebdomadaires de La Gazette de Maniwaki et Le Nord, à Hearst, sa ville natale. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’il rejoint les rangs du quotidien Le Droit pour ensuite se diriger vers la radio et la télévision, à Radio-Canada à Toronto et à TFO dans l’émission d’affaires publiques Panorama.

Adrien Cantin a également œuvré à La Cité collégiale, où il a enseigné des cours de journalisme, pour ensuite occuper le mandat de directeur général de l’Association de la presse francophone, un réseau canadien de journaux francophones en situation minoritaire.

Les mots me manquent pour décrire ma profonde tristesse de cette lourde perte. Je connais Adrien depuis longtemps et il est l’un des premiers à m’avoir interviewé comme commissaire il y a presque 10 ans. Jamais complaisants, toujours aidants, ses reportages étaient d’une grande justesse, critiques, mais jamais dans la facilité. Visiblement passionné tant pour son métier que pour sa communauté, Adrien savait rendre ses sujets plus intéressants et toujours avec un regard profondément humain.

Nous venons de perdre un grand esprit et un homme formidable et au nom de l’équipe du Commissariat aux services en français, nous tenons à présenter à sa famille, à ses amis ainsi qu’à ses proches, nos plus sincères condoléances.

Dénombrement des ayants droit

À la suite de la diffusion des premières statistiques du recensement de 2016, nombreux sont les experts qui se sont prononcés sur les enjeux qui en découlent et plus particulièrement sur les données reliées aux communautés francophones.

C’est donc à mon tour de me prononcer sur le sujet, en me focalisant sur les enjeux relatifs au dénombrement des ayants droit en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Voici donc un récapitulatif du mémoire que je viens de présenter ce matin auprès du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes.

Afin de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerais revenir sur les éléments clé de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

« L’article 23 accorde le droit à l’instruction aux parents francophones de citoyenneté canadienne en situation minoritaire si ces derniers se retrouvent dans trois catégories d’ayants droit, soit ceux :

  1. dont la première langue apprise et encore comprise est le français;
  2. qui ont reçu leur instruction au primaire en français en situation minoritaire; et
  3. dont un enfant a reçu ou reçoit son instruction en français en situation minoritaire. »

 

Tout est clair dans cet énoncé. Là où cela devient problématique est que le recensement ne pose pas de questions reliées aux deux dernières catégories d’ayants droit et donc seuls les parents de la première catégorie sont comptabilisés. Ainsi, les données du recensement ne reflètent pas la réalité pour les provinces et les territoires. Le problème va beaucoup plus loin. Les ministères de l’Éducation utilisent les données du recensement afin de définir leurs besoins d’affectation des ressources matérielles et financières. Puisque les chiffres ne prennent pas en considération toutes les catégories en vertu de l’article 23, alors l’allocation pour les écoles de la langue de la minorité est loin de correspondre aux besoins réels des ayants droit en situation minoritaire francophone. De plus, les provinces et territoires pourraient potentiellement utiliser le nombre le plus bas d’ayants droit, ce qui engendre une plus grande réduction des ressources nécessaires aux conseils scolaires francophones.

J’ai donc profité de mon intervention pour présenter deux propositions. La première est l’ajout de deux questions dans le prochain recensement de 2021, qui viserait à produire un dénombrement complet et représentatif des ayants droit dans la section de la scolarité du formulaire long. La seconde suggestion serait d’effectuer ce changement dans un délai approprié afin de permettre l’ajout de ces questions au prochain recensement.

J’ose espérer qu’à la lumière des suggestions proposées dans mon mémoire, le Comité prendra en considération les enjeux importants des francophones vivant en situation minoritaire. C’est donc un dossier à surveiller de très près dans les prochains mois.

Recensement des articles et reportages sur les 30 ans de la LSF

Pour faire un retour sur les célébrations du 30e anniversaire de la Loi sur les services en français, j’ai cru bon de faire un recensement des articles et des reportages qui sont disponibles en ligne pour vous permettre de revisiter les moments importants de la création de la LSF, depuis la création de la LSF ainsi que les moments forts du colloque #LSF30.

 

Les articles et reportages historiques :

 

Émissions radio :

 

Les entretiens avec M. Bernard Grandmaître :

 

Entretiens avec le commissaire Boileau :

 

La LSF en comparaison avec d’autres provinces :

 

Retour sur les événements dans le cadre des célébrations du 30e anniversaire (Déjeuner du Club Canadien et le colloque #LSF30) :

 

Les régions désignées :

 

Et aujourd’hui ?

Moment de réflexion pour Québec

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris la nouvelle sur l’attentat contre la Mosquée au Québec hier soir. Dans de telles circonstances, Il est difficile de trouver les mots pour traduire ou décrire ce que nous ressentons et cela partout au Canada.

Nous sommes très peinés par cette triste nouvelle et il est important de se rappeler que nous devons puiser nos forces et unir nos voix contre cette violence par l’échange, l’ouverture et l’inclusion. Au nom de l’équipe du Commissariat aux services en français de l’Ontario, nous tenons à présenter nos plus sincères condoléances aux familles qui ont été affectées par cette tragédie.

Nous sommes de tout cœur avec vous.

 

Illustration par Marc Keelan-Bishop

 

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Revivre les célébrations de #LSF30 (partie 3)

Aujourd’hui, dernier vendredi de janvier 2017, je vous présente le troisième (et dernier) grand volet de mes recommandations de mon rapport annuel intitulé LSF 2.0 :

 

Vision intégrée, presque organique de la Loi sur les services en français

Tout d’abord, plusieurs bonnes choses sont déjà en place. Il ne faut pas négliger les succès de la LSF depuis les 30 dernières années. Par contre, des ajustements importants sont maintenant nécessaires. Par exemple, la LSF ne prévoit pas de Comité consultatif sur les Affaires francophones. Je propose d’en faire un conseil consultatif et de lui donner un mandat très précis, notamment de déterminer quel ministère et organisme gouvernemental devrait se doter de plans de services en français et de revoir ces plans. Car à mon avis, ce ne sont pas tous les ministères qui ont besoin de consulter la communauté francophone dans l’élaboration de toutes leurs politiques.

Le rôle des coordonnateurs des services en français doit être révisé afin de s’assurer de les inclure dès le début lors du développement des politiques, et aussi de leur donner un rôle accru quant à la connaissance des besoins précis de la communauté francophone. Réviser également le rôle de la ministre, pour également y ajouter le rôle de promotion de la langue et de la culture francophone de l’Ontario.

Pour s’assurer que tout cela continue de bien avancer, il faut offrir au gouvernement des pistes de solutions. Pas seulement se plaindre, mais offrir des pistes concrètes de solutions, par exemple, au niveau de la livraison de services à la population.

Par exemple, le Centre francophone de Toronto est un centre de multiservice où nous pouvons  retrouver des services de santé, d’employabilité, de santé mentale, etc. C’était une solution pour offrir des services en français dans la région de Toronto afin de limiter les déplacements et de faciliter l’accès de services en français auprès des  francophones, et cela sous un même toit. Il faut simplement garder l’esprit ouvert pour offrir et obtenir des services en français de façon différente.

 

Conclusion

Mon rapport annuel LSF 2.0 demande de réécrire la LSF. Bien qu’il est concevable que le tout soit un processus lent, il est important de rappeler au gouvernement que je ne demande pas des changements cosmétiques à la Loi, mais des changements réels et plus en profondeur. J’ai également demandé d’entamer le processus de refonte dès maintenant, puisque les changements sont longuement attendus par la communauté et on a besoin de voir tout cela avancer dans du positif et dans la modernité.

Dans le cadre du colloque #LSFO30 de novembre dernier, un projet de loi était présenté par des avocats de la communauté et débattu par les différents panels. J’ai bien apprécié puisque c’est un pas de plus vers une modernisation de notre LSF. Nous devons faire attention à ne pas exclure des groupes, surtout dans le titre. J’ai eu l’occasion de faire valoir certains commentaires eu égard à l’excellent travail effectué, donc je n’y reviendrai pas.

En conclusion, la Loi sur les services en français était très novatrice en 1986, étant une première au Canada. Depuis ce temps, quelques provinces ont suivi et ont adopté des lois très novatrices à leur tour. À la suite du colloque, je crois qu’un intéressant dialogue entre la communauté et le gouvernement vient de s’amorcer.

Et je suis absolument enchanté des propos de la ministre déléguée aux Affaires francophones du matin du colloque #LSF30, annonçant l’engagement du gouvernement à une refonte de la LSF. C’est donc un coup d’envoi pour les discussions, et j’ai bien hâte de connaître les prochaines étapes qui seront éventuellement annoncées par le gouvernement.

Merci à tous ceux et celles qui se sont joints à nous aux différents événements entourant les célébrations du 30e anniversaire de la Loi sur les services en français. Le Club canadien de Toronto, le colloque #LSF30, les conférences diverses à travers la province et les nombreux reportages offerts par la SRC et Groupe Média TFO (ONfr), des analyses sur la loi actuelle, des rencontres avec les gens ayant contribuées à la mise en place de la Loi ont pu faire comprendre l’impact de celle-ci et l’importance d’en faire la refonte !

Revivre les célébrations de #LSF30 (partie 2)

Aujourd’hui, je vous présente le deuxième grand volet de mes recommandations de mon rapport annuel intitulé LSF 2.0 :

L’offre active

Nous avons soumis un rapport spécial à l’Assemblée législative en mai 2016, expliquant l’importance de l’ajout de l’offre active dans la Loi sur les services en français. Les francophones ne devraient pas avoir à se poser la question : est-ce aujourd’hui que je devrais demander mes services en français ? Car aussitôt que l’on se sent obligé de se poser cette question, nous avons souvent le réflexe de dire – cela ne vaut pas la peine de me battre pour ça maintenant, je veux juste me faire servir.

Et si, en plus, on se trouve dans une situation vulnérable, alors l’offre active de services en français devient encore plus pertinente. Que ce soit dans le domaine de la santé, des services sociaux et communautaires, au niveau des sociétés d’aide à l’enfance et à la jeunesse, de l’accès à la justice, en immigration, auprès des personnes aînées ou auprès des femmes victimes de violence conjugale, nous avons tous besoin, à un moment donné ou un autre, d’un coup de pouce de l’État ontarien. C’est à ce moment que cette aide, effectuée en français, aura une bien meilleure portée.

Pour offrir aux francophones des services de qualité égale ou équivalente, il importe d’ajouter l’offre active dans la demande de la refonte de la Loi. C’est un aspect déjà présent dans la Loi sur les langues officielles au niveau fédéral et dans d’autres lois du même acabit ailleurs au pays, alors pourquoi pas en Ontario également ?

Il est important de rappeler ce que l’offre active doit comprendre :

  1. Des mesures prises pour informer le public de la disponibilité des services ;
  2. L’offre de service dans les deux langues dès le premier contact ;
  3. Le choix au citoyen de choisir la langue de service ;
  4. Que le service soit culturellement approprié ;
  5. Que le citoyen se sente à l’aise dans la prestation des services ;
  6. Offrir un service de qualité égale ou équivalente que le service offert en anglais.