Blogue du commissaire

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Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

Présentation des nouveaux employés au CSF

Maintenant est venu le temps de vous présenter l’équipe du CSF. J’ai ajouté un peu de suspens dans mon dernier billet, puisque je trouve important de vous présenter les nouveaux qui se sont ajoutés.

Comme plusieurs membres de la communauté et nombreux de nos partenaires le savent, le Commissariat a doublé ses effectifs depuis la dernière année. Nous avons maintenant des nouveaux locaux pour accueillir cette belle équipe, et je vous assure, ils ont bien hâte de recevoir vos demandes et vos plaintes !

À notre équipe déjà composée de moi-même, Jean-Gilles Pelletier à la direction générale, de Mohamed Ghaleb, Jocelyne Samson, Marta Dolecki et Yves-Gérard Méhou-Loko aux enquêtes, et Anne Nguyen, coordonnatrice aux services opérationnels, nous ajoutons une enquêteuse, des spécialistes en communications, ainsi qu’un analyste et un avocat-conseil.

Elisabeth Arcila est la nouvelle enquêteuse qui se joint aux quatre autres membres de l’équipe des enquêtes. Originaire de Colombie, Elisabeth a fait ses études en droit et a œuvré en droit du travail et en arbitrage dans son pays d’origine.  Au Canada depuis plusieurs années, elle a complété un BA en études internationales à l’Université de Montréal et un certificat en administration publique.  Elle compte à son actif professionnel plus de 5 ans en relations de travail pour le Gouvernement du Québec, à la Commission des partenaires du marché du travail et au ministère de la Famille.

Avec une équipe complète de cinq enquêteurs et enquêteuses, nous sommes prêts à recevoir vos plaintes ! Vous aurez surement la chance de les rencontrer lors de nos tournées dans la communauté et auprès de nos instances gouvernementales.

Aux communications, nous avons une toute nouvelle équipe ! Deux individus qui ont toutes deux des parcours très pertinents. Elles seront à l’écoute de toutes vos demandes d’informations et/ou questions que vous auriez pour nous.

Notre nouvelle Chef, Communications stratégiques est Touria Karim. Originaire de la France, Touria a fait ses études universitaires à l’Université Laurentienne en Commerce et Administration.  Elle a œuvré auprès de nombreux organismes dans la région de Sudbury (dont le Centre Victoria pour Femmes et le Centre de santé communautaire du Grand Sudbury) et dans la région de London (ACFO – London Sarnia).  Par la suite, elle a œuvré en communications et marketing pendant plus de dix ans, et récemment comme chef des communications au Groupe Média TFO, dans le cadre duquel elle a entretenu des relations fructueuses avec les organismes communautaires francophones et institutionnels.  Son expérience et son entregent seront de grande valeur pour nous.

Pour travailler avec Touria, nous avons embauché Mélina Leroux, Agente, Communications et Relations communautaires. Elle nous arrive de la région d’Ottawa. Ayant étudié à l’Université d’Ottawa et au collège La Cité, elle a travaillé pour la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) pendant près de 3 ans comme coordonnatrice des grands évènements. Elle connait assez bien le milieu communautaire et sa passion pour la politique et les affaires courantes est un atout pour notre équipe. Elle et Touria seront souvent appelées à faire des présentations et se rendre dans les quatre coins de la province pour faire les liens avec la communauté et de sensibiliser les gens sur leurs droits d’obtenir des services en français selon les normes de la Loi sur les services en français.

Nous avons accueilli tout récemment Hermann Amon, Analyste, Politique et Recherche. Hermann nous arrive tout droit du CASC de Toronto après avoir œuvré à l’Entité 4. Il est titulaire d’une maitrise en évaluation des programmes de l’École Nationale d’Administration publique du Québec et un certificat en Lean Process Improvement délivré par l’Ontario Hospital Association. Hermann est par ailleurs un passionné d’Études Anciennes. Dans sa seconde vie, il poursuit ses recherches en histoire romaine au sein du Réseau d’Ottawa pour l’étude de l’Antiquité tardive du Département d’Études anciennes et de sciences des religions de l’Université d’Ottawa et est titulaire d’un doctorat en Histoire romaine de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Sa riche expérience communautaire et son expertise en recherche, en planification et en base de données, entre autres, nous seront certainement très utiles.

Nous accueillons également une nouvelle adjointe administrative, Mary Jane Hee Fa Chung. Originaire de l’île Maurice, Mary Jane est quadrilingue, et vit au Canada depuis 2003. Certifiée en administration et en mandarin, Mary Jane poursuit des études en gestion des ressources humaines. Au Canada, elle a œuvré brièvement dans le secteur privé, puis a occupé des postes d’appui administratif pendant près de 10 ans au Conseil des ministres en éducation, Canada (CMEC).  Avant de se joindre au Commissariat, elle a occupé les fonctions d’adjointe exécutive de la Direction générale du CMEC.

Et le dernier membre de l’équipe à s’ajouter, et non le moindre, est Joseph Morin, Conseiller juridique. Natif de Cornwall, Joseph a étudié l’histoire canadienne, puis le droit au programme de Common Law français, à l’Université d’Ottawa. Il a poursuivi des études en droit constitutionnel au niveau de la maîtrise. Après son stage professionnel à un cabinet d’avocat national, Joseph a travaillé comme avocat au Sénat du Canada, à un cabinet d’intérêt public, puis pour le Gouvernement du Nunavut.

Maintenant que je vous ai présenté brièvement l’équipe, je vous lance l’invitation pour venir les rencontrer ce vendredi lors de nos portes ouvertes. Vous êtes alors cordialement invités à venir visiter les nouveaux locaux et à rencontrer la nouvelle équipe du Commissariat aux services en français de l’Ontario, le vendredi 23 septembre prochain entre 13 h et 15 h.

Nous avons bien hâte de vous recevoir dans nos nouveaux bureaux et au plaisir de vous rencontrer vendredi après-midi !

Une rentrée bien occupée

Pour bien des personnes, le mois de septembre équivaut à la rentrée. Depuis quelques jours, on parle beaucoup de rentrée scolaire, puisque les élèves et les étudiants retrouvent leur banc d’école. En même temps, c’est le retour au travail pour de nombreux parents, après plusieurs semaines de vacances, ou simplement un bon long weekend de la fête du Travail.

Je profite de cette rentrée pour souligner quelques nouvelles d’importance qui sont sorties depuis la fin de l’année scolaire en juin dernier. Pour commencer, le Commissariat a publié un suivi au rapport sur l’éducation de juin 2011. Dans ce suivi au rapport, nous avons soulevé l’importance de la collaboration entre les conseils francophones et anglophones afin d’augmenter l’offre de locaux pour les écoles de langue française qui manquent d’espace. Les admissions dans les écoles de langue française ne font qu’augmenter, et le secteur de Beaches à Toronto a un besoin criant d’établissements scolaires. Les écoles secondaires qui offrent déjà beaucoup à la population grandissante de Toronto font un excellent travail, mais commencent à manquer d’espace à un rythme alarmant. À ce manque d’espace s’ajoute un problème de distance, car de nombreux jeunes en ont pour des heures à se rendre à l’école puis à retourner à la maison, et tout cela pour avoir accès à une éducation de langue française. Espérons que ce suivi aura des échos positifs pour l’amélioration de l’accès à l’éducation en français dans la région Est du Grand Toronto.

Après plusieurs mois d’attente et d’incertitude en ce qui concerne l’avenir du Centre Jules-Léger, c’est le 8 août dernier que le gouvernement annonçait qu’il maintenait l’ouverture du Centre. Une excellente nouvelle pour les élèves sourds, malentendants et aveugles ou ayant des troubles d’apprentissage qui fréquentent ou fréquenteront ce centre d’excellence en éducation spécialisée. Les messages de joie et de soulagement ont été nombreux le jour de cette annonce. Outre cette confirmation que le Centre restera ouvert (avec toutes les écoles d’application et les écoles provinciales), le gouvernement  apportera « des changements législatifs en vue de transférer la structure de gouvernance du Centre Jules-Léger aux 12 conseils scolaires de langue française afin de mieux servir les élèves francophones ». Je me réjouis également de cette nouvelle, puisque c’était une recommandation formulée dans mon rapport d’enquête sur le Centre Jules-Léger. Je dois également reconnaître le travail ardu de nombreux parents et membres de la communauté qui se sont déplacés pour aller aux consultations et qui ont exprimé l’importance de conserver leur école et de s’assurer qu’elle soit sous la gouvernance des francophones.

Du côté post-secondaire, beaucoup de choses se passent également. Depuis quelques jours, on note plusieurs annonces de financement pour des nouveaux projets qui aideront les établissements post‑secondaires à se démarquer dans leur communauté ainsi qu’au sein d’autres institutions, à l’échelle nationale et internationale.

 

La rentrée parlementaire est maintenant chose faite. Je profite d’un discours du Trône décevant pour les francophones, du moins en apparence, pour mettre de l’avant mon dernier rapport annuel : LSF 2.0. C’est le plus important rapport du Commissariat depuis sa création. Ce rapport démontre que notre Loi sur les services en français est désuète et qu’elle doit être revue : on doit notamment y ajouter des dispositions qui tiennent compte de l’ère technologique et réviser les différents postes qui ont été créés en application de cette loi. La réalité de 1986 et celle d’aujourd’hui sont complètement différentes, et c’est la raison pour laquelle je crois vraiment que les élus doivent revoir cette loi en vue de l’actualiser et de la rendre plus claire et complète. Il s’agit d’un énorme projet, mais il doit être mené à bien et l’être de façon soignée ! C’est d’autant plus important que cette année, soit le 18 novembre prochain, nous allons célébrer les 30 ans de la Loi sur les services en français. Cette loi a 30 ans et elle apporte beaucoup aux Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes en ce qui a trait aux services gouvernementaux. Elle pourrait toutefois apporter plus !

 

Dans la même ligne de pensée, nous devons examiner la question de l’offre active. Ce fut le sujet d’un autre de mes rapports très populaires. Et il est en lien très étroit avec le rapport annuel LSF2.0. Non seulement il faut offrir des services en français aux francophones, mais ceux-ci doivent être clairement au courant que ces services existent en français. C’est lorsqu’ils en entendent parler, le voient et le reconnaissent que les gens comprennent qu’un service en français est bel et bien offert. Lorsque ces marqueurs ne sont pas présents, les citoyens et citoyennes sont trop gênés pour demander leurs services ou ne savent pas qu’ils peuvent le faire. Cette situation a pour effet de diriger les gens vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle et risque d’entraîner des malentendus et complications dans le cadre de demandes de services. Il faut donc fournir de gros efforts pour s’assurer que les citoyens et citoyennes aient accès à plus qu’un simple « Hello, Bonjour » et qu’ils obtiennent un service en français après avoir passé l’étape du triage, de l’accueil ou de la réception à l’endroit qui fournit le service requis.

L’exemple que j’utilise souvent est celui de la personne dans son propre emploi, surtout les emplois de services à la clientèle (ou autre poste qui comporte un lien direct avec le public). Lorsque cette personne offre un service, le fait-elle en français et en anglais, ou simplement en anglais ? Si elle l’offre dans les deux langues par respect pour le client ou la cliente, pourquoi ne serait-elle pas respectée elle aussi lorsqu’elle demande un service ? Des questions qui portent à réflexion, car il y a une volonté d’offrir les services en français, mais la qualité des services fournis est moindre que celle des services fournis dans la langue de la majorité. Selon la loi, les services devraient être offerts de façon égale, et équitable.

 

Sur une autre note, je suis bien content d’être de retour. Notre équipe s’est agrandie et est motivée ! J’ai bien hâte de vous présenter ses membres dans un prochain billet. Vous aurez également la chance de les rencontrer lors de diverses sorties que fera le Commissariat partout en province. L’automne est une période très occupée pour nous, car nous travaillons sur un projet qui donnera plus de visibilité au Commissariat, et qui nous permettra d’être encore plus près des gens et de continuer de les informer sur leurs droits et les services qu’ils peuvent obtenir.

Profitez alors du fait que le Commissariat a plus de ressources pour vous servir, et faites-nous parvenir vos plaintes et vos demandes d’information.

Le repos du battant

Je ne serais pas étonné que ce soit le bon sénateur Jean-Robert Gauthier lui-même qui ait accueilli Mauril Bélanger hier soir, en lui disant quelque chose de typique comme « Je ne t’attendais pas si vite, mais beau travail mon gars. » Beau travail en effet. Car ce ne devait pas être une mince tâche que celle de remplacer le député Gauthier. Mais après peu de temps, à force de travail et de labeur, mais surtout grâce à la propre personnalité de Mauril, si franche, directe et attachante, la circonscription électorale de Jean-Robert est devenue sa circonscription. Avec plus de 21 années comme représentant fédéral de la circonscription d’Ottawa-Vanier, il faut le faire !

Ainsi, Mauril Bélanger nous a quittés. Pas seulement en tant que député, mais également comme un héros. Lorsqu’il a appris la nouvelle de sa terrible maladie, il aurait très bien pu tout abandonner et simplement tenter de jouir des moments qui lui restaient. Personne, absolument personne, n’aurait émis le moindre reproche, bien au contraire. Mais puisqu’il a été un battant toute sa vie, il n’a jamais capitulé. Il a préféré continuer à remplir son important rôle de député, allant même en Afrique, malgré sa maladie, car il avait pris des engagements comme parlementaire et représentant de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.

Du dévouement comme ça, on n’en reverra pas de sitôt. Et prodigué avec de la classe par-dessus le marché.

Mauril Bélanger était toujours disponible, et ses judicieux conseils m’ont beaucoup aidé. Il recommandait toujours de ne jamais se détourner de son chemin et de toujours être franc avec les gens. Mauril Bélanger, c’est du solide. Du solide franco comme il s’en fait peu. Il est normal de distribuer des éloges après le décès d’un homme politique. Mais notre Mauril à nous est parti. Et cela fait mal. D’autres se lèveront et mèneront les combats politiques à venir. D’autres afficheront une intégrité hors du commun. D’autres seront tout simplement d’épatants députés. Sauf que Mauril, lui, était tout ça et bien plus encore.

Le travail de Mauril fut si bien accompli, et peut continuer de s’épanouir avec l’adoption en anglais d’une version de notre hymne national réellement inclusive, ainsi que son souhait qu’Ottawa devienne officiellement bilingue pour les célébrations du 150e de la Confédération canadienne. Souhaitons que ses grands rêves et dernières volontés politiques soient réalisés.

L’équipe du Commissariat aux services en français souhaite offrir à son épouse Catherine, ainsi qu’à leurs enfants et petits-enfants, ses plus sincères condoléances.

Merci Mauril, tu seras toujours présent parmi nous.

Un brin de vacances !

En ce jour de deuil en France, j’aimerais commencer par exprimer toute ma peine, à tous mes amis Français. Je suis profondément touché et ému par la tragédie sans nom d’hier soir à Nice. Surtout le 14 juillet. Les mots me manquent. Je ne peux qu’exprimer toute ma plus sincère solidarité.

Sur une note moins personnelle, vous aurez sûrement remarqué au cours des derniers mois que nous avons très présents dans les médias, et sur toutes nos plateformes Web. D’abord, dans un rapport spécial sur l’offre active et des services offerts à la communauté francophone, où j’ai recommandé que la Loi sur les services en français soit revue, afin d’inclure ce concept si important dans la Loi. Si on ne devait modifier la Loi que pour traiter de la question de l’offre active, le jeu en vaudrait la chandelle. Mon homologue fédéral vient d’ailleurs tout récemment, d’aborder la question de l’offre active. J’aimerais profiter de ce billet pour saluer le Commissariat aux langues officielles pour son approche novatrice dans le cadre de son enquête. Cette étude a eu recours à six groupes de discussion formés d’employés de première ligne, à quatre groupes composés de superviseurs et à douze entrevues avec des membres de la haute direction provenant de 11 institutions fédérales.

Au début juin, nous avons effectué le dépôt du rapport annuel LSF 2.0 du Commissariat auprès du Parlement qui recommande notamment d’entamer un vaste chantier d’une refonte complète de la Loi sur les services en français, afin qu’elle réponde mieux aux besoins des citoyens francophones de l’Ontario. Je l’ai déjà dit publiquement et je le répète : il s’agit pour moi de mon rapport annuel le plus important de toute ma carrière. D’abord puisqu’il fait suite à près de neuf années d’observations sur les services en français en Ontario. Puis, parce que je suis conscient que je propose comme réforme est ambitieux. Mais en même temps, je crois que les solutions avancées sont éminemment pragmatiques, concrètes et, je le souhaite, aidantes pour non seulement le mieux-être des francophones de la province, particulièrement les populations les plus vulnérables, mais aussi pour le développement de la communauté franco-ontarienne.

Au mois de juin, nous étions également occupés à faire des boîtes. Oui des boîtes, puisque nous avons finalement déménagé. Nos locaux sont superbes, modernes et surtout bien équipés pour accueillir notre nouvelle équipe. Je vous rassure, vous aurez sûrement l’occasion de les visiter dans le cadre d’un évènement — portes ouvertes — vers la fin septembre. À vos agendas, un rendez-vous à ne pas manquer.

Avant que j’oublie, je voulais revenir sur mon dernier billet sur le Projet de Loi 5, Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine. Je voudrais souligner le travail remarquable de la communauté francophone et la ministre des Affaires francophones du Manitoba, puisque la loi a été adoptée le 30 juin dernier. Bravo !

Sur cette belle note, je vous souhaite des vacances enrichissantes, pleines de repos, le tout parsemé de nouvelles aventures en famille et entre amis. Profitez aussi de nos beaux festivals et autres activités qui se passent dans votre région et partout en Ontario. À Toronto, nous avons notre fameuse Franco-Fête du 15 au 17 juillet, alors je vous invite à y faire un petit tour. La programmation est incroyable cette année.

Je vais donc suivre mes propres conseils et je vais également profiter de cet été pour prendre une pause sur mon blogue. Alors, je vous donne rendez-vous au mois de septembre, mais surtout passez de belles vacances :) !

Le Manitoba innove!

Si le gouvernement de l’Ontario avait besoin d’un incitatif majeur pour proposer une refonte de la Loi sur les services en français, il n’a qu’à regarder du côté de sa province voisine. En effet, le tout nouveau gouvernement du Manitoba vient de présenter un projet de loi spectaculaire, rien de moins. Le Projet de loi 5, Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine a été déposé ce mardi courant à l’Assemblée législative du Manitoba. Il s’agit essentiellement du même projet de loi que celui qui avait été déposé par le gouvernement précédent avant la dissolution de l’Assemblée pour le déclenchement des élections générales.

Nul doute, un très beau geste de la part du nouveau gouvernement. Comme les deux autres partis d’opposition se sont également prononcés en faveur du projet de loi, la table est mise pour une adoption rapide. Mais même si ça ne devait pas être le cas, l’adoption d’une telle loi, au Manitoba, viendrait refermer des plaies encore vives de la crise linguistique des années 80. On se souviendra que, à l’époque de cette crise constitutionnelle et linguistique, le président de la Société franco-manitobaine avait reçu des menaces de mort, que la maison de la SFM a été incendiée, que les propos acerbes et corrosifs avaient eu raison du gouvernement Pawley. Sur cette crise, je vous invite à lire les ouvrages de Jacqueline C. Blay :

On part donc de loin. Et il importe de comprendre d’où on vient avant de formuler des critiques. En déposant un tel projet de loi si tôt dans une nouvelle session parlementaire, le gouvernement fait la démonstration que la francophonie manitobaine n’est plus une affaire de partisannerie, mais bel et bien une question d’équité et de respect envers cette communauté qui a largement contribué à bâtir cette province. Comme franco-manitobain d’adoption, je suis très fier de voir le degré de maturité exprimé par les politiciens de nos voisins. Après avoir fait le tour des divers partis politiques en Ontario, je suis confiant que nous ayons aussi obtenu ce niveau de maturité.

Le projet de loi confirme non seulement l’importance de la communauté franco-manitobaine, mais aussi et surtout la volonté du gouvernement de favoriser l’avancement de la francophonie au Manitoba, grâce à une approche sectorielle applicable à l’ensemble des instances pertinentes (c’est indiqué dans le préambule). Mais d’abord, il importe de souligner la définition très large donnée à l’expression « francophonie manitobaine » que l’on entend « de la communauté au sein de la population manitobaine regroupant les personnes de langue maternelle française et les personnes qui possèdent une affinité spéciale avec le français et s’en servent couramment dans la vie quotidienne même s’il ne s’agit pas de leur langue maternelle. » C’est peut-être cauchemardesque à première vue pour les statisticiens, mais à y regarder de plus près, on constate que cette définition est relativement similaire à la Définition inclusive de francophone l’Ontario (DIF), qui, je vous le rappelle, n’est pas encore inscrite et protégée dans la Loi sur les services en français.  Car, comment, je vous le demande, définir les personnes qui possèdent une affinité spéciale avec le français et qui s’en servent couramment dans la vie quotidienne si ce n’est qu’en vérifiant statistiquement les personnes qui n’ont pas le français comme langue maternelle, mais qui non seulement parlent et comprennent le français, mais aussi le parlent à la maison (la DIF donc !).

Le projet de loi comprend aussi un objet, ce qui manque à notre loi en Ontario. Le gouvernement propose « La présente loi a pour objet l’établissement du cadre nécessaire en vue de favoriser l’épanouissement de la francophonie manitobaine et d’appuyer son développement, par le truchement des activités du Secrétariat et du Conseil consultatif et notamment par l’adoption de plans des services en français. » Très intéressant, mais il importe de voir la suite.

Le concept de l’offre active se trouve énoncé dans le projet de loi, autre manquement majeur à la LSF en Ontario. On y indique en effet que le concept de l’offre active constitue la pierre angulaire qui sous-tend l’offre des services en français. « Il a pour objet la prestation de services qui sont manifestes, facilement disponibles et accessibles pour le public et de qualité comparable à ceux offerts en anglais. » Pas mal complet il me semble, à première vue.

Les fonctions du Ministre responsable des Affaires francophones sont clairement exprimées et sont tellement pertinentes qu’il vaut la peine de les indiquer :

« Le ministre responsable des Affaires francophones a pour mandat de prendre les mesures nécessaires en vue de favoriser l’épanouissement de la francophonie manitobaine, notamment :

  1. a) appuyer la continuation de la mise en œuvre de la politique sur les services en français ;
  2. b) agir à titre de défenseur pour faire en sorte que les politiques, les programmes et les services des instances pertinentes prennent en compte les besoins de la francophonie manitobaine et que des ressources équitables soient affectées à ces besoins ;
  3. c) encourager la représentation de la francophonie manitobaine au sein des instances dirigeantes des organismes gouvernementaux et au sein des tribunaux administratifs ;
  4. d) encourager les efforts des entités publiques pour appuyer le développement de la francophonie manitobaine.

On y retrouve donc des notions de défense de programmes adaptés aux besoins de la communauté francophone, de représentation de cette communauté au sein des instance dirigeantes et d’appui aux efforts de développement de la francophonie manitobaine. Puissant et positif. Quant au Secrétariat aux affaires francophones, l’équivalent de notre Office des affaires francophones. On y retrouve des fonctions très claires de promotion et de sensibilisation du public au régime juridique applicable à la francophonie manitobaine, de collaboration entre les autres ordres de gouvernement et la création de partenariats à l’échelle locale, provinciale, nationale et internationale.

Le projet de loi crée aussi un Conseil consultatif des affaires francophones (ce que je recommande aussi dans une nouvelle LSF). Sur ce comité siège le greffier du Conseil exécutif (rien de moins !), au moins cinq sous-ministres, cinq membres de la communauté et le PDG de la SFM. Le rôle du conseil consultatif est principalement d’examiner les plans de services en français. Chaque entité publique est tenue d’élaborer et de soumettre une proposition du plan stratégique pluriannuel sur les services en français qu’elle prévoit offrir. Le contenu de ces plans doit faire état des priorités de la francophonie manitobaine, des services en français que l’entité prévoit fournir, même s’ils sont dispensés par des tierces parties, et des autres mesures à prendre en vue de favoriser l’épanouissement de la francophonie manitobaine et d’appuyer son développement.  Très fort. Pas absolument parfait, mais très fort tout de même. De plus, le Conseil consultatif peut fournir des conseils et recommandations relativement à ces plans de services (ce que je recommande également dans une refonte de la LSF).

Tout se jouera donc dans la définition que l’on retiendra pour  l’expression « services ». Cela dit, le langage utilisé par le législateur manitobain, si le projet de loi devait être adopté tel quel, est quand même assez clair. Notamment avec les notions de plans de services, les rôles du ministre, du Secrétariat et du Conseil consultatif et surtout les notions de mesures à prendre en vue de favoriser le développement et l’épanouissement de la francophonie manitobaine. De la musique à mes oreilles. Certes, l’avenir de la communauté franco-manitobaine passera toujours par ses propres membres, que ce soit d’abord sur le plan de la famille, de l’école et des institutions même de la communauté. Le gouvernement a un rôle complémentaire qui demeure fort important. La reconnaissance publique d’une langue et son usage dans l’espace public contribue de façon importante à convaincre le francophone de faire le choix quotidien de demeurer francophone.

Bref, il s’y trouve encore d’autres détails croustillants pour un juriste, comme la question des pouvoirs réglementaires, mais je n’entrerai pas ici dans les détails, ayant déjà été assez verbeux. Mais, vous le comprendrez, je suis excité de voir un tel projet de loi. Et surtout que le « timing » ne pourrait pas être plus à point, avec les discussions que j’espère amorcer rapidement avec la nouvelle ministre déléguée aux Affaires francophones, l’honorable Marie-France Lalonde.

À suivre !

Un nouveau cabinet pour l’Ontario

Le gouvernement de l’Ontario annonçait hier d’importants changements au sein du Conseil des ministres de l’Ontario. Je profite de cette annonce pour féliciter l’ensemble des ministres qui ont été nommés.

Le départ de l’honorable Madeleine Meilleur a suscité de nombreuses réactions dans la communauté francophone dont la mienne. Grâce à son dévouement et à sa ténacité, elle a mené à bien des dossiers phares dont l’indépendance du Commissariat aux services en français en 2014. Je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu’elle a accompli pour les Franco‑Ontariens. D’ailleurs, je vous invite à relire la lettre que je lui ai envoyée à ce moment-là.

Je salue la nomination rapide de l’honorable Marie-France Lalonde aux postes de ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs et de ministre déléguée aux Affaires francophones. Du fait de son double mandat, la ministre sera manifestement sensibilisée à l’importance pour le gouvernement de l’Ontario d’offrir des services de qualité et innovateurs aux francophones.

Sa nomination arrive à un moment charnière dans l’évolution des services en français en Ontario. Comme l’année 2016 marque le 30e anniversaire de l’adoption de la Loi sur les services en français, j’ai recommandé au gouvernement, dans mon rapport annuel 2015-2016, d’entamer le vaste chantier d’une refonte complète de cette loi, afin qu’elle réponde mieux aux besoins des citoyens francophones de l’Ontario. Je n’ai aucun doute que l’expertise de la ministre et sa grande familiarité avec les dossiers reliés aux affaires francophones bénéficieront aux francophones de l’Ontario.

J’entrevois une belle convergence avec ses doubles fonctions de ministre puisque, justement, la question de l’offre active et des services offerts à la communauté francophone doit être entièrement revue, notamment via l’angle d’une modernisation de la Loi sur les services en français.

Dans le cadre de mes fonctions, j’ai eu le plaisir de rencontrer à quelques reprises plusieurs membres du cabinet et je suis heureux d’avoir l’occasion de poursuivre ces relations. J’entrevois une belle continuité avec le nouveau procureur général de l’Ontario, l’honorable Yasir Naqvi, sur les importantes questions associées à l’accès à la justice en français. De même, j’anticipe un dialogue fructueux avec la nouvelle ministre à l’Enseignement supérieur et à la Formation professionnelle en ce qui a trait aux enjeux relatifs à l’établissement de nouveaux programmes post‑secondaires en français, plus particulièrement dans le Centre Sud-Ouest. D’autres nominations sont à relever. Celles de l’honorable Mitzie Hunter à l’Éducation, de l’honorable Laura Albanese aux Affaires civiques et à l’Immigration et de l’honorable Michael Coteau aux Services à l’enfance et à la jeunesse. Je leur offre toute mon entière collaboration.