Blogue du commissaire

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Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

Retraite de la commissaire Katherine d’Entremont

Nous avons appris, la semaine dernière, le départ à la retraite de la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Mme Katherine d’Entremont, prévu en juillet prochain.

J’ai eu le plaisir de collaborer avec elle depuis sa nomination en 2013. D’ailleurs, quelques mois après son entrée en fonction, on publiait l’étude L’accès à la justice dans les deux langues officielles : Améliorer la capacité bilingue de la magistrature des cours supérieures. Elle a sauté à pieds joints dans cette aventure et a longuement travaillé avec mon bureau et celui du commissaire aux langues officielles du Canada (à l’époque de M. Graham Fraser).

Nous avons également travaillé de manière régulière dans d’autres dossiers comme l’offre active des services en français, l’immigration francophone et les services en français de façon générale.

Nous sommes également membres de l’Association internationale des commissaires linguistiques, ce dont je suis bien fier !

D’une voix commune, nous nous sommes également prononcés, à plusieurs reprises,  en faveur de l’augmentation de l’immigration francophone hors-Québec, notamment en réclamant un plan d’action concret pour obtenir des résultats tangibles.

Nos situations sont certes différentes, mais nous partageons la même passion pour nos mandats respectifs. On a pu constater son apport exceptionnel favoirisant l’épanouissement des membres des deux communautés de langues officielles du Nouveau-Brunswick tout au long de son cheminement professionnel. De par ses nombreuses enquêtes et ses actions, elle a démontré à quel point elle prenait son poste de commissaire aux langues officielles au sérieux. Lorsqu’une injustice survenait en matière de langues, elle et son équipe intervenaient le plus rapidement possible pour la dénoncer.

Chère collègue, je te souhaite de profiter de cette retraite bien méritée, et sache que je suis content et privilégié d’avoir eu l’occasion de travailler avec toi au cours des cinq dernières années.

Départ à la retraite d’une grande dame de la Francophonie

Voilà maintenant plus de trente ans que Jocelyne Samson se dévoue corps et âme à la Fonction publique de l’Ontario et, plus particulièrement, à sa clientèle francophone. Il est temps pour elle de recouvrer la santé et de penser un peu à elle-même et à sa famille.

Lors de son embauche au Commissariat, en février 2008, lorsque je lui ai téléphoné pour lui offrir le poste, elle m’a interviewé! Elle ne voulait pas aller travailler pour quelqu’un qui n’aurait pas à cœur le développement de la francophonie ontarienne. J’espère ne pas l’avoir trop déçue! Mais cette anecdote pour moi en disait long sur sa forte personnalité : si elle était capable de parler ainsi à son futur employeur, je savais qu’elle n’hésiterait jamais à donner son opinion et, de plus, qu’elle n’aurait pas tendance à accepter les réponses des ministères peu enclins à trouver des solutions à long terme pour les plaignants. De fait, elle utilisait souvent le mot « déplorable » pour décrire les actions ou inactions des ministères et des autres organismes gouvernementaux.

En parlant des plaignants, je n’ai pas rencontré une seule personne qui n’avait pas d’éloges pour le travail de Jocelyne. Elle était infatigable; je devais la convaincre de ne pas écrire aux plaignants la fin de semaine (alors la coquine envoyait une série de courriels tout préparés dès 7 h le lundi matin). Intraitable, Jocelyne a rapidement démontré à nos partenaires gouvernementaux que le Commissariat, ce n’était pas de la frime. La qualité de son travail était irréprochable. Pendant longtemps, elle a été seule responsable des enquêtes au Commissariat; néanmoins, les plaignants étaient toujours informés des résultats de nos enquêtes.

Je retiens aussi de Jocelyne son grand sens de l’éthique, sa force de caractère, ses convictions, sa passion de communicatrice, son engagement indéfectible envers la communauté franco-ontarienne et son profond attachement au Commissariat.

Le seul mot qui me vient à l’esprit ne suffit pas pour décrire toute la contribution de Jocelyne aux succès du Commissariat, mais je tente tout de même ma chance : merci.

Jocelyne, je te souhaite une très longue retraite incroyablement bien méritée, en santé surtout et auprès de tes proches et amis.

Décès – M. Noble Villeneuve

C’est avec regret que nous avons pris connaissance du décès de M. Noble Villeneuve. C’est à l’âge de 79 ans que ce dernier s’est éteint.

M. Villeneuve a agi comme député provincial de la circonscription de Stormont-Dundas-Glengarry et Grenville-Est. Dans le cadre de sa longue carrière politique, il a occupé de nombreux postes de ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales et ministre délégué aux Affaires francophones de 1995 à 1999.

Au nom de l’équipe du Commissariat aux services en français, nous tenons à présenter à sa famille, à ses amis ainsi qu’à ses proches, nos plus sincères condoléances.

Retour au Congrès de l’AFO 2017

Je profite de l’occasion de ce #JeudiVieuxJeu pour faire un retour sur ma fin de semaine au Congrès de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), les 28, 29 et 30 octobre derniers. Encore une fois, quelle belle fin de semaine, pleine de retrouvailles et de discussions sur des sujets d’importance pour les francophones et francophiles de l’Ontario.

Pendant mon séjour à Ottawa, j’ai participé en tant que panéliste à un atelier sur la question de la refonte de la Loi. Plusieurs prennent déjà part à ce débat. J’y ai présenté une fois de plus les recommandations qui figurent à mon rapport annuel 2015-2016, en faveur d’une Loi sur les services en français actualisée. D’autres groupes revendiquent également une modification législative. Certains vont même un peu plus loin que ce que j’avais recommandé. Tant mieux, le débat est bel et bien lancé.

Nous avons eu droit en soirée à une belle réception, ainsi qu’à une excellente soirée d’humour. De toute évidence, plusieurs jeunes humoristes prometteurs sont prêts à prendre la relève sur cette scène. Les délégués ont ri de bon cœur.

La remise des Prix de reconnaissance de l’AFO, samedi soir, a été une autre très belle réussite. Un bien bel événement, tenu cette année dans un décor enchanteur, mettant en vedette des avions et des hélicoptères qui ont marqué l’histoire. Je profite de cette occasion pour féliciter les lauréats :

  • Linda Cardinal : Prix du Pilier de la francophonie
  • La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, le Regroupement des étudiants franco-ontariens et l’Association des communautés francophones d’Ottawa (FESFO-RÉFO-ACFO Ottawa) : Prix de l’Horizon franco-ontarien
  • Tréva Cousineau : Prix Florent-Lalonde

Bravo! Vous avez grandement contribué à la francophonie au cours des années et vous l’avez marquée de façon toute spéciale dans la dernière année. Ces prix ont de très belles marques de reconnaissance pour leurs récipiendaires, ainsi que pour toutes les personnes mises en candidature.

Un dernier mot pour exprimer encore une fois toute ma gratitude et mes remerciements les plus sincères à l’AFO pour la reconnaissance bien spéciale à l’occasion du 10e anniversaire du Commissariat. Je retiens les bons mots du président de l’AFO, Monsieur Carol Jolin, qui nous encourage à continuer de travailler avec la communauté et de veiller à la continuité et à l’amélioration des services en français, cela partout en province.

Le dévoilement de la très belle toile remise pour l’occasion m’a beaucoup ému; ce cadeau m’a touché droit au cœur. Elle représente tout à fait les 10 ans du Commissariat.

 

 

Quoi de neuf du côté de l’immigration ?

La question de l’immigration a suscité de nombreux débats au cours des dernières semaines, et il me semble que cela fait longtemps que je n’ai pas effectué de mise à jour sur ce dossier.

J’ai récemment été invité à la clôture du Forum du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Centre-Sud-Ouest, et le message que j’ai livré était, je crois, clair. La province de l’Ontario ne peut atteindre son objectif en matière d’immigration francophone qu’avec le leadership et l’engagement du gouvernement fédéral. Et, justement, les deux ordres de gouvernement ont signé une entente, ce qui constitue un pas dans la bonne direction. Dans le cadre de l’entente Canada-Ontario, une annexe spécifique est en cours de développement dans le but de la dévoiler en mars prochain. J’ose croire qu’elle mentionnera clairement que la cible de 5 % pour l’immigration francophone en Ontario sera intégrée dans toutes les catégories de programmes fédéraux et provinciaux d’immigration.

Un des objectifs mentionnés à l‘annexe A de l’entente Canada-Ontario est que les gouvernements veulent « Accroître le nombre d’immigrants d’expression française en Ontario ». Cette annexe est spécifique au Programme ontarien des candidats, qui permet à la province de se doter d’un rôle important dans la sélection de ses immigrants en fonction de ses besoins sur le marché du travail.

Le programme ontarien des candidats permet aux provinces de créer des sous-catégories en fonction de leurs besoins. C’est ce qu’a fait la province de l’Ontario lorsqu’elle a créé le volet ontarien Travailleurs qualifiés francophones, qui s’adresse aux travailleurs qualifiés francophones qui possèdent un bon niveau d’anglais et qui souhaitent vivre et travailler de façon permanente en Ontario. Cette catégorie permet au Programme ontarien des candidats de désigner des personnes qui ont le niveau de scolarité, l’expérience de travail qualifié, les capacités linguistiques et les autres caractéristiques exigés pour réussir à s’établir en Ontario et à bien s’intégrer au marché du travail et aux collectivités de la province. Les demandeurs de ce volet doivent être admissibles, bien sûr, au bassin Entrée express du fédéral.

L’entente conclue par l’Ontario et le fédéral prévoit un certain nombre de mesures d’évaluation et de reddition de compte. Cela représente pour le Commissariat une belle occasion de suivre les efforts déployés et les initiatives lancées par le ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario (MACI) pour atteindre sa cible et de lui poser des questions à cet égard.

 

Que se passe-t-il du côté du MACI ?

Nous continuons notre travail avec le ministère. Un dossier chaud est la récente annonce, par le gouvernement américain, de la fin du statut temporaire de protection qui était accordé à un bon nombre d’immigrants, notamment des Haïtiens installés aux États-Unis. De nombreux acteurs clés de la communauté francophone ont d’ailleurs indiqué que le nouveau flux d’immigrants constituerait pour l’Ontario une occasion de poursuivre son objectif de recrutement de nouveaux arrivants francophones. Je porterai certainement une attention particulière à ce dossier dans les prochains mois. Cela dit, il importe de rappeler que les règles en matière d’accueil de réfugiés continuent de s’appliquer et que bon nombre d’entre eux ne rempliront pas tous les critères à cet égard.

Ainsi, bien que nous comprenions que le ministère des Affaires civiques et de l’Immigration est prêt à soutenir un afflux de demandeurs d’asile haïtiens si l’un d’entre eux se concrétisait en Ontario, le ministère souligne que l’entrée au pays est clairement définie par les lois et critères fédéraux ; et que les demandeurs d’asile éventuels doivent être conscients des moyens légaux pour entrer dans le pays.

De nombreuses discussions importantes auront lieu en 2018. Je trouve particulièrement intéressante la mise en place d’un projet pilote, Destination Ontario francophone, en Algérie et au Maroc. Cela constitue une étape prometteuse. En mars 2018, l’Ontario sera l’hôte du deuxième Forum ministériel sur l’immigration francophone suivant celui qui s’est récemment déroulé à Moncton.

Un membre de l’équipe des enquêteurs, Élisabeth Arcila, s’est rendu à Timmins à l’occasion du Forum provincial des Réseaux de soutien à l’immigration francophone. Des organismes francophones ont pu faire plusieurs constats. Ils dénoncent le fait que les organismes anglophones ne dirigent pas les nouveaux arrivants, vers des réseaux francophones. Il semblerait aussi que nous perdons des occasions de bien orienter les nouveaux arrivants francophones dès leur arrivée aux aéroports du Canada.

Le programme Mobilité francophone est source de bonnes nouvelles. Environ 955 demandes de résidence ont été approuvées. En ce qui concerne l’Entrée express, près de 3,9 % des personnes invitées sont d’expression française. Finalement, il y a désormais au MACI une nouvelle équipe qui est chargée du dossier de l’immigration francophone, de la coordination à l’interne et de la coordination de la relation fédérale-provinciale aux fins de l’élaboration et de la mise en place des mesures annoncées.

Il y a beaucoup de nouveaux développements en matière d’immigration, mais de nombreux suivis devront être effectués au cours des prochains mois et nous comptons bien continuer de suivre ces développements de près.

Forum sur les services de santé en français

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’assister au Forum sur les services de santé en français organisé par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD). Non seulement le ministre était-il lui-même présent au forum, ne serait-ce que pour amorcer la discussion, mais on comptait également au nombre des participants, les dirigeants du MSSLD et des Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS), les Entités de planification de services de santé en français et les membres du Conseil consultatif sur les services de santé en français. C’était seulement la deuxième fois qu’une telle rencontre avait lieu (la dernière remontant à 2014). L’une des bonnes nouvelles de la journée est certainement l’engagement pris par le ministre Hoskins de tenir chaque année une rencontre de ce genre.

Cette rencontre a permis de faire le point sur les dernières modifications réglementaires (Règlement 515/09) et de tenter de renouveler les relations entre les RLISS et les Entités et de se focaliser sur l’objectif commun qui est d’améliorer l’accès aux services de santé en français. Il est essentiel de travailler ensemble afin d’appuyer les citoyens francophones qui n’ont pas un accès équitable à des services de santé en français dans leur région et qui ne sont par ailleurs pas en mesure de savoir quel fournisseur de services de santé ou quel professionnel pourrait leur venir en aide et où les trouver. Dans mon court exposé, j’ai justement cherché à traiter de ces enjeux. Il ne faut pas oublier que les RLISS ne comptent que onze ans d’existence, et les Entités, sept. C’est encore bien peu, mais il est plus que temps de ne plus laisser passer les faux pas commis depuis tant d’années. Le mot clé demeure « collaboration ». Avec les modifications apportées au règlement, l’intention est clairement de faire en sorte que les Entités soient considérées comme des partenaires des RLISS, et non comme de simples subordonnés.

Qui plus est, le MSSLD a publié un nouveau guide des exigences et obligations concernant les services de santé en français. Le document est fort bien conçu, et j’ai bon espoir qu’il aidera aussi tous ceux et celles qui n’étaient pas présents à cette importante rencontre de mieux comprendre les rôles et responsabilités de tous les acteurs du système de santé et la nécessité de travailler en mettant véritablement l’accent sur l’intégration et la collaboration. On m’indique que ce document sera disponible sur le site Web du ministère très prochainement.