Aujourd’hui, on décortique les statistiques…

Nous l’aurons tant attendu ce fameux jour J où nous serons en mesure de recevoir les premières statistiques du recensement 2016. Depuis ce matin, notre équipe a pour mission d’étudier en détails les données afin de pouvoir en dresser un bref portrait. Voici quelques-unes d’entre elles qui ont attiré mon attention.

La diversité linguistique
Les chiffres ne mentent pas : 7,7 millions de personnes (22 % de la population canadienne) ont déclaré une langue maternelle immigrante. On ne peut pas nier que la diversité linguistique prend une place de plus en plus importante au Canada. La proportion de la population ayant déclaré une langue tierce comme langue maternelle est passée de 21,3 % en 2011 à 22,9 % en 2016. Ce sont des langues autres que le français ou l’anglais ce qui signifie que les langues non officielles sont en forte croissance dans l’ensemble du pays. La conséquence logique de ce phénomène est donc une hausse de la proportion du nombre des personnes qui parle plus d’une langue à la maison qui est passée de 17,5 % en 2011 à 19,4 % en 2016.

La langue maternelle en baisse continue ?

D’après les données publiées ce matin, la proportion de Canadiens qui déclarent le français ou l’anglais comme langue maternelle a légèrement diminué par rapport à 2011. En 2016, 78,9 % de la population canadienne avait les langues officielles comme langue maternelle. Cette proportion s’élevait à 80,2 % en 2011, et à 82,4 % en 2001. Depuis 2001, en effet, la proportion diminue. Que pouvons-nous en conclure? Oui certes, la diversité linguistique a augmenté ce qui pourrait certainement expliquer une partie de ce phénomène mais il serait vraiment intéressant de creuser le fonds des choses afin d’identifier les autres facteurs clés.

Le bilinguisme français-anglais, un sommet historique !
Alors que nous venons de fêter notre 150e anniversaire, je suis très heureux de voir que la dualité linguistique est en pleine croissance avec un taux record de 18 % en 2016. Il est vrai que cette augmentation provient de la province de Québec mais on observe également une augmentation dans la plupart des provinces et des territoires également. En Ontario, nous sommes passés de 11% à 11,2%.

Le français à la maison

Il semblerait que nous ayons une tendance à la baisse de la proportion quant à l’usage du français à la maison ? Cela est reflété dans l’ensemble des chiffres du Canada et même au Québec. La proportion de la population canadienne qui parlait le français à la maison était de 23,3 % en 2016, comparativement à 23,8 % en 2011.

Sur une autre note, le poids démographique des Canadiens à l’extérieur du Québec capables de soutenir une conversation en français demeure stable en 2016 (10,2% contre 10,3% en 2011). Il est pertinent de souligner que le nombre a augmenté de près de 160 0000 personnes. Il est intéressant de noter que ces données diffèrent lorsqu’on prend celles basées sur l’ensemble du pays (incluant le Québec) pour lesquelles on constate une légère baisse de la proportion de ce groupe (30,1% à 29,8%) même si leur nombre absolu a continué d’augmenter.

Qu’en est-il des francophones hors Québec ?
Autre donnée à souligner. Même si on dénote une augmentation de près de 14 000 personnes par rapport à 2011 du nombre des francophones hors Québec, leur proportion a légèrement baissé pour passer de 4 % en 2011, à 3,8 % en 2016 1 021 310 personnes en raison principalement de l’immigration internationale. Naturellement, ces tendances varient une province à l’autre.

Malgré cela, on constate tout de même que le nombre des personnes ayant le français comme première langue officielle parlée en Ontario a connu une hausse de plus de 6 000 personnes (6795) par rapport à celui de 2011 soit de 4,3 à 4,1%. Cette croissance en chiffres absolus n’est bien évidemment pas accompagnée d’une hausse en pourcentage vu l’accroissement continu de la population de l’Ontario, notamment en raison de l’immigration.

La définition inclusive francophone (DIF)
Les données publiées aujourd’hui ne prennent pas en compte les variables de la DIF. Rappelons que cette approche est l’une des mesures les plus ambitieuses de la province de l’Ontario qui s’applique à sa population francophone depuis juin 2009. Cette définition inclusive de «francophones» reflète la nouvelle diversité des Franco-Ontariens, quel que soit leur lieu de naissance, leur origine ethnique ou leur religion.

En 2011, grâce à la DIF, 611 500 s’identifiaient comme étant francophones, ce qui représentait 4.8 % de la population de l’Ontario. Si on se réfère aux données d’aujourd’hui, il devient évident que les nouvelles données du ministère des affaires francophones, qui se baseront sur la DIF, démontreront une hausse du nombre de francophones en Ontario.

Notre infographie
Au cours des prochains jours, nous allons passer en revue toutes les autres données pertinentes afin de vous dresser un meilleur portrait de l’usage du français en Ontario. Notre fameuse infographie sera mise à jour afin de refléter les nouvelles données du recensement 2016 une fois que les données de la DIF seront disponibles. En attendant la mise à jour, je vous invite à la revoir sur notre site.

 

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