L'(in)sécurité linguistique, il faut en parler…

À la suite au Sommet de l’éducation (4-5-6 mai dernier à Edmonton, Ottawa et Moncton), je me permets d’aborder la question de l’(in)sécurité linguistique, un sujet chaud présenté par la délégation jeunesse et qui mérite une attention particulière.

 

Bon français. Expressions régionales. Franglais. Acadien. Chiac. Créole. Latin. Français soutenu. Français familier. Français parlé. Français écrit. Grammaire. Accords des mots. Liaisons. Conjugaisons. Langage de contexte. Éducation. Reprendre les gens. Manque de confort. Assimilation.

Tous ces mots ont une grande thématique commune : la (l’in)sécurité linguistique. Lors de plusieurs rencontres et rassemblements auxquels j’ai participé, cela semble être un sujet récurrent. Combien de personnes avons-nous rencontrées qui se sentent intimidées de parler en français parce qu’elles sont persuadées que leur français n’est pas assez bon ? Où retrouve-t-on ce phénomène ? La réponse : PARTOUT ! C’est un phénomène social qui touche toute la population sous différentes facettes : à la maison, à l’école, au postsecondaire, en formation professionnelle, au travail, au sein d’activités communautaires et régionales, etc. C’est ce genre de pensées, ou des situations où nous nous sentons mal à l’aise ou inconfortables, qui dirigent les francophones vers d’autres langues, d’autres causes, d’autres institutions et services.

Je suis certain que la plupart des francophones en Ontario (ou sinon la majorité) ont déjà subi des expériences où ils et elles se sont sentis comme si leur français n’était pas assez bon, ou que leur accent était « trop prononcé ». La plupart du temps, ils reçoivent des commentaires souvent négatif de leur entourage, ce qui, en retour, les décourage à communiquer en français.

Je me mets à la place des jeunes qui, soit à l’école (collège, université compris) ou à la maison se font dire maintes fois : non, en français on prononce de cette façon; ou, non, ce n’est pas du bon français. Ils perçoivent cela comme de la critique.  Laissons nos jeunes s’exprimer librement en autant qu’ils le fassent en français. Je prends par exemple les médias sociaux, où on utilise des contractions ou des émoticônes. Le message passe toujours; on comprend ce qu’ils veulent dire ! (OK, ça me prend du temps parfois puisque je suis un dinosaure moi-même) Oui, en tant que parents nous voulons que nos enfants s’expriment dans un bon français. Trouvons les bons moments pour le dire, mais avec humour ou discrétion, mais surtout faisons preuve de créativité. Envoyez-leur un GIF, par exemple !

D’autres groupes vivent aussi cette insécurité linguistique, les nouveaux arrivants. Certains proviennent de pays qui ont le français comme langue commune, d’autres pays où le français est la seule langue maternelle de toutes et tous. Comme nous avons tous des accents, ces gens  utilisent des mots différents pour s’exprimer ou faire passer un message, ce qui peut créer des malaises ou des bris de communication.

Peu importe votre origine, votre lieu de résidence, votre registre ou connaissance de la langue, il faut changer nos façons de penser mais surtout de juger, et voir à employer des tactiques créatives visant à encourager notre entourage de parler français librement, même si la langue est parsemée de fautes. Elle vit sous différentes formes, dialectes, accents, et continuera d’évoluer dans les années à venir, surtout considérant que le français est la cinquième langue parlée au monde et que cela ne va pas aller en diminuant, bien au contraire. Encourageons nos enfants, nos collègues, nos amis à faire la paix avec cette insécurité en les valorisant le plus souvent possible.

Pour ce qui est des ministères et autres organismes gouvernementaux par contre, vous me permettrez de ne souffrir d’aucune tolérance… surtout à l’écrit !

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