Revivre les célébrations de #LSF30 (partie 1)

Dans le cadre des célébrations du 30e anniversaire de la Loi sur les services en français, j’ai décidé de faire un billet de blogue bien spécial. Je prends alors le temps de faire un retour sur les célébrations de novembre dernier et surtout sur le colloque présenté à l’Université d’Ottawa le 18 novembre 2016.

Il est clair pour moi que le gouvernement doit aller de l’avant et réviser la Loi puis la mettre à jour pour refléter la réalité d’aujourd’hui. Dans mon rapport annuel intitulé LSF 2.0, j’ai émis une vingtaine de recommandations pour guider le gouvernement dans cette réforme nécessaire. Parmi ces recommandations, je souligne trois volets importants : l’Ontario comme région désignée, l’offre active et la vision intégrée, presque organique de la Loi sur les services en français.

 

Aujourd’hui, je vous présente le premier grand volet :

Régions désignées versus une seule région 

Le processus de désignation est très lourd sur la communauté, et très lent. Le critère de désignation (5 000 habitants ou 10 % de la population qui est francophone) est très vieux et remonte à la commission Laurendeau-Dunton (Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme) – donc presque 50 ans. Les communautés francophones ont beaucoup évolué depuis ce temps, et beaucoup de régions comptent sur les écoles, les garderies et parfois les centres religieux pour assurer la vitalité de la communauté francophone. Les gens s’attendent à ce que le gouvernement puisse leur offrir activement des services dans leur langue. En principe, il ne reste que 20 % de la population francophone à desservir (qui n’est pas dans des régions désignées). Ces gens ne sont pas des citoyens de deuxième classe.

La question des régions désignées est un faux débat – je vous explique pourquoi. Dans une même région désignée, ce ne sont pas tous les points de services gouvernementaux qui offrent des services en français. Le gouvernement a étudié plus précisément la concentration de francophones dans cette région, et a déterminé des points de services qui se retrouvent dans les régions plus denses en francophones.  En ayant la province complète comme région désignée, il est facile de reprendre cet exercice, notamment en se basant sur des indicateurs de vitalité tels que des écoles, des centres de santé communautaires francophones ou réellement bilingues, des résidences pour personnes âgées et autres. En prime, une autre chose qui s’améliorerait, ce sont les affichages sur les autoroutes. Lorsque l’on se promène sur la 401, nous sommes conscients lorsque nous sommes dans une région désignées ou pas ! Les panneaux sont bilingues, puis tout d’un coup, unilingues, et quelque temps après ils redeviennent bilingues. Tout ceci n’a aucun sens.

Par contre, j’apporte un bémol. Il faut demeurer prudent dans l’analyse des points de services, car il est hors de question de perdre des services, surtout dans la réalité de compressions budgétaires. Il ne faudrait pas donner un prétexte aux ministères de revoir à la baisse les points de services nécessaires pour rejoindre la population francophone.

Le temps et l’énergie consacrés par des bénévoles francophones à demander la désignation de leur région sont du temps et de l’énergie qu’ils pourraient mettre ailleurs, dans des causes importantes comme un accès accru en soins de santé. Des situations comme celle d’Oshawa ne doivent plus se produire. Après 9 ans de travail par les gens de la communauté, et toujours pas de désignation faute d’approbation de politiciens locaux, c’est tout à fait inacceptable !

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