Centre Jules-Léger : une structure qui ne tient pas la route

Je peux vous en assurer, des enjeux, depuis ma nomination en 2007, il n’en manque pas. Mais peu ont eu un impact aussi important sur moi que cette enquête concernant la gouvernance du Centre Jules-Léger. Ce centre se spécialise dans l’apprentissage pour les élèves francophones sourds, malentendants, aveugles, ayant une basse vision, puis sourds et aveugles, ou en grave difficulté d’apprentissage. Ces élèves se trouvent donc, d’une certaine façon, doublement minoritaires. Tous cherchent à être entendus et compris, à apprendre en toute sécurité, à ne pas être stigmatisés. Tous cherchent aussi à développer un sentiment d’appartenance à une communauté.

Je ne m’en cacherai pas, j’ai été profondément touché par nos rencontres d’élèves, de parents, d’éducateurs, d’administrateurs et de membres d’organismes sans but lucratif, souvent d’anciens élèves du Centre Jules-Léger. Je suis conscient aussi que plusieurs seront probablement déçus des conclusions de cette enquête. Mais je serai clair; notre objectif n’était pas de plaire à tout le monde, mais de répondre à la question posée concernant la gouvernance du Centre Jules-Léger.

Cette question est légitime…Pourquoi est-ce que le Centre n’est pas géré de façon autonome, c’est-à-dire par et pour les francophones? Pourquoi est-ce que le modèle de gouvernance actuel relève du ministère de l’Éducation? Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de conseil d’administration qui puisse mener la barque de façon autonome et indépendante comme la plupart de nos institutions francophones en Ontario?

Je conclus donc au terme de notre enquête que le modèle de gouvernance du Centre Jules-Léger viole l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et porte atteinte à l’intégrité et à la mission du Centre. La structure actuelle de gouvernance ne tient pas la route. Il faut corriger le tir et instaurer une gouvernance par et pour les francophones avant la rentrée scolaire de 2016.

Je recommande donc à la ministre de l’Éducation de remettre la gouvernance du Centre entre les mains des francophones. Que celui-ci relève d’un conseil scolaire de tutelle. Pour y arriver, je recommande de mettre en place un comité de transition. Ce comité aurait un mandat de septembre à décembre 2015 d’émettre des recommandations à la ministre sur la mise en place d’une nouvelle gouvernance relevant d’un conseil scolaire. Je propose aussi de s’inspirer du modèle du CFORP.

Le but est d’avoir une gouvernance autonome francophone pour la rentrée de 2016. Faut donc agir vite, dans le meilleur intérêt des élèves francophones desservis.

Tous veulent voir le Centre Jules-Léger renaître, redevenir un centre de référence, un modèle pour d’autres. Je ne peux que souhaiter que les conseils scolaires de langue française soient visionnaires et non seulement opérationnels. Je souhaite, comme l’ont exprimé les dirigeants des conseils scolaires, qu’il y ait centralisation décisionnelle, mais accompagnée d’une décentralisation au niveau des services. Je souhaite qu’enfin une gestion responsable et visionnaire soit aussi au cœur de la recherche renouvelée afin de faire de cet endroit un véritable centre d’excellence.

Merci à tous ceux qui ont accepté de prendre part à l’enquête depuis 2014, qui nous ont offert de leurs temps, de leurs idées, et qui ont fait valoir leurs passions inébranlables. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement….et le temps presse.

Commentaires (4)

  1. Genevieve grenier

    Merci pour l’article qui nous rappele l’importance d’une gouvernance autonome francophone. Que peut-on faire entant que francophone impliquée pour mettre de la pression sur le ministère?

    1. CSF FLSC

      Mme Grenier, un grand merci de votre commentaire…et question fort pertinente. Elle n’est pas facile à répondre, puisque, dépendamment du contexte, toutes les avenues doivent être envisagées. Comme Commissariat, nous devons faire attention de ne pas trop susciter directement des prises d’action provenant de la communauté. Après tout, nous sommes indépendants du gouvernement, mais aussi des membres de la communauté et nous devons faire preuve de prudence en pareilles circonstances. Dans ce cas précis, le ministère a bien en main le rapport. Il serait certes approprié pour les divers conseils scolaires de prendre position. Comme citoyenne, vous pourriez demander conseil à vos conseillers scolaires. Peut-être que des lettres d’appui enjoignant la ministre de l’Éducation à donner suite aux conclusions et aux recommandations du rapport d’enquête sur le Centre Jules-Léger seraient également appropriées? Le choix d’action est donc plutôt vaste. Merci encore de votre question.

  2. jobgreen

    « Il faut essayer d’encourager, d’avoir des cliniques ou tous les services seraient offerts en francais. Nous autres les aines on est un peu preoccupes par ca parce qu’evidemment la population est vieillissante de plus en plus », s’inquiete Mme Allard.

  3. valcenislocation.fr

    « Il faut essayer d’encourager, d’avoir des cliniques ou tous les services seraient offerts en francais. Nous autres les aines on est un peu preoccupes par ca parce qu’evidemment la population est vieillissante de plus en plus », s’inquiete Mme Allard.

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