Blogue du commissaire

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Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

Le défi d’immigrer en milieu minoritaire

Cette semaine j’ai beaucoup parlé d’immigration francophone. Tout d’abord avec le dépôt avec mon homologue fédéral d’un rapport conjoint qui souligne l’importance pour les gouvernements fédéral et provinciaux d’inclure une perspective francophone dans leurs politiques et programmes en immigration.  Ce dossier est de compétence partagée entre le fédéral et les provinces, ce qui veut dire que les différents paliers de gouvernement doivent collaborer ensemble pour faciliter les avancées.

Notre rapport conjoint, intitulé Agir maintenant pour l’avenir des communautés francophones : Pallier le déséquilibre en immigration, dresse un portrait de l’immigration dans les communautés francophones, fait l’état des lieux de la question et présente une analyse nationale ainsi qu’une série de recommandations à l’intention des deux paliers de gouvernement.

Vous savez, le chemin vers l’intégration de ces hommes et de ses femmes avec des parcours et des bagages différents qui choisissent de s’établir au Canada est bien souvent parsemé de défis. Avant même leur arrivée au Canada, plusieurs immigrants francophones sont mal informés de la réalité linguistique du pays, et croient, malheureusement à tort que le Canada est un pays entièrement bilingue.

À leur arrivée, les nouveaux arrivants sont parfois orientés vers des services d’établissements anglophones ou bilingues qui connaissent peu ou mal les communautés et les institutions francophones. On ne peut pas s’attendre à ce que ces gens soient au courant des services disponibles en français ou de la présence d’une communauté dans leur région d’accueil.

Il faut s’assurer qu’avant et dès leur arrivée, ces immigrants puissent savoir qu’ils peuvent non seulement obtenir des services en français auprès des gouvernements fédéral et provincial, mais aussi vivre en français, comme demander à ce que leurs enfants soient éduqués en français et obtenir de l’aide communautaire en français.

C’est pourquoi nous recommandons au gouvernement fédéral que les nouveaux arrivants d’expression française soient informés de la présence de communautés francophones d’accueil et de la disponibilité de programmes et de services en français auxquels ils ont droit avant leur départ et à leur arrivée au Canada.

Dans ce rapport nous avons élaboré 8 recommandations, principalement au gouvernement fédéral, mais aussi au gouvernement de l’Ontario. Ces recommandations traitent de l’accompagnement des immigrants d’expression française par les institutions et les organismes francophones, d’information et de ressources à l’intention des nouveaux arrivants d’expression française, de collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, de reddition de comptes, et d’incitatifs à l’intention des employeurs pour le recrutement et la sélection de travailleurs francophones et bilingues.

Puis, le lendemain,  j’ai participé à un panel avec mon confrère d’Ottawa et ma consoeur du Nouveau-Brunswick faisant un tour d’horizon des enjeux de l’immigration dans les communautés de langue officielle vivant en situation minoritaire organisé par le Programme d’appui aux droits linguistiques (PADL).  À cette conférence, j’ai exposé l’importance de l’immigration pour les communautés francophones. En effet, compte tenu de la baisse de la natalité et d’un taux accru du vieillissement de la population, le Canada se trouve depuis un certain temps en situation de baisse démographique.

Car, pour leur part, les communautés francophones sont non seulement affectées par la même situation, mais sont aussi touchées par des questions de transferts linguistiques et de transmission intergénérationnelle de la langue vers l’anglais.

J’ai expliqué qu’on a aussi besoin de l’immigration pour assurer la pérennité des services en français, par exemple :on aura besoin de plus d’infirmières et infirmiers pour s’occuper de notre population vieillissante, ou encore d’éducatrices et d’éducateurs pour la petite enfance, ou de professeurs de français et tant d’autres matières.

Voilà pourquoi la question de l’immigration dans les communautés francophones en situation minoritaire est si importante. Comme je l’ai mentionné dans mon dernier rapport annuel, le dossier de l’immigration est un enjeu prioritaire sur lequel mon bureau continue de s’impliquer et d’intervenir activement.

Enquête concernant la ferneture annoncée d’un hôpital partiellement désigné

Mon bureau vient tout juste d’émettre un communiqué afin d’informer la population que nous lançons une enquête sur la fermeture annoncée de l’Hôpital général de Penetanguishene, un organisme dont certains services sont partiellement désignés. Il s’agit d’ailleurs d’un dossier si important pour les francophones de l’Ontario que je prévois en parler davantage au cours des prochains mois.

La langue française dans le monde 2014: étude de l’OIF

L’Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) vient de publier une nouvelle étude intitulée : La langue française dans le monde 2014. Cette nouvelle compilation a pour principal objectif de fournir aux chercheurs, spécialistes de la langue et grand public, des données fiables sur la situation de la langue française dans plusieurs domaines. On y dresse le portrait des francophones et francophiles dans le monde et du français comme langue de communication internationale et des affaires.

Selon cette étude, nous serons 767 millions de francophones en 2060. On y note également quelques autres faits intéressants, notamment :

• Le français est aujourd’hui la 5e langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs
• Le français est la 2e langue apprise comme langue étrangère après l’anglais
• Le français est la 3e langue des affaires dans le monde
• Le français est la 4e langue d’internet
• Il y a 125 millions d’apprenants du/en français.

Je vous invite à consulter cet ouvrage de référence important ou son résumé qui trace le portrait global de notre langue en pleine croissance. Bonne lecture!

L’AFO et son livre blanc en matière de santé: un document prometteur

Ce blogue vous est présenté par notre blogueuse invitée, Alison Stewart, l’une de mes trois chefs de projets et chargée des liaisons communautaires. Voici son résumé de la rencontre qui a eu lieu à Sudbury à la fin octobre.

Pour quiconque met en doute l’importance de l’affichage bilingue comme partie intégrante de l’offre active, Sudbury est un modèle de succès d’un tel concept. En 2001, la Ville du Grand Sudbury a adopté une politique sur les services en français, donnant à la population citoyenne de Sudbury le choix de communiquer en français ou en anglais avec la municipalité. Près de 30 % de la population étant composée de francophones, il est avantageux pour les entreprises de se faire connaître dans les deux langues. Partout, des rappels visuels nous indiquent que nous avons le choix d’amorcer une conversation en disant « Bonjour, Hello », salutations auxquelles on nous répondra en français « Comment puis-je vous aider? » ou en anglais « Je suis désolé, je ne parle pas français, mais comment puis-je vous aider? »

La conférence annuelle de l’AFO a débuté par un débat invitant les membres de la table ronde à se pencher sur la question à savoir s’il est toujours nécessaire pour les médias communautaires de joindre la population francophone de l’Ontario. Après quelques mots de la ministre Meilleur, le commissaire Boileau a lancé le débat avec un exposé sur l’importance des médias dans la construction de l’identité des individus et de la communauté francophone. Ce fut un débat intéressant, malgré le fait que les cinq panélistes étaient unanimes sur la question, ce qui fait que le débat s’est avéré plutôt un dynamique échange entre leaders du domaine des médias francophones en Ontario. Les discussions ont permis de rappeler aux participantes et participants les motivations qui les amenaient à être tous présents, disposés à passer deux jours et demi ensoleillés à Sudbury : discuter, entre amis et collègues francophones, des défis, des besoins et des réussites de la communauté francophone.

Mis à part le réseautage social, les ateliers interactifs, le gala tenu le vendredi soir et l’assemblée générale annuelle du samedi matin, l’événement le plus important de la conférence a été le lancement du Livre blanc de l’Assemblée en matière de santé, lequel décrit les assises d’une prestation de soins de santé de qualité en langue française en Ontario. Ce document résume de façon remarquable les principaux enjeux qui touchent les francophones relativement à la santé, et propose des recommandations que connaît bien le Commissariat aux services en français :

  1. Capturer systématiquement l’identité linguistique des Ontariennes et Ontariens, par l’entremise de la carte Santé pour une meilleure identification et une planification accrue;
  2. Collaborer avec les intervenants francophones tout au long de la phase de planification, surtout au début (et la nécessité de définir les rôles, les responsabilités et les obligations des fournisseurs de services);
  3. Protéger les institutions francophones existantes, à commencer par le renouvellement du mandat des six entités de planification;
  4. Tirer parti de l’évolution des changements en matière de prestation des soins de santé en améliorant l’accès des francophones aux soins de santé primaires et communautaires;
  5. Élaborer un plan global de ressources humaines visant à promouvoir l’importance et la nécessité de compter sur une main-d’œuvre bilingue dans le secteur de la santé, sans laquelle l’offre active de services en français ne pourra exister.

Malgré les défis liés au fait de vivre dans un milieu linguistique minoritaire, l’AFO aspire à la réalisation d’un calendrier d’événements diversifiés et passionnants pour 2015, commémorant 400 ans de présence francophone en Ontario. Nous avons tant à célébrer!

Projet pilote sur l’accès à la justice en français

Je me réjouis de l’annonce récente faite par la Procureure générale afin que le gouvernement de l’Ontario mette en œuvre un projet pilote visant à faciliter l’accès aux services en français au palais de justice d’Ottawa.

Cette annonce représente la concrétisation partielle de l’une de mes recommandations énoncées dans mon plus récent rapport annuel « Une institution francophone s’enracine ». Essentiellement, je recommandais à la Procureure générale de mettre en œuvre un projet pilote d’amélioration de l’accès à la justice en français s’articulant sur les recommandations et les intentions du rapport Accès à la justice en français.

J’ai bon espoir que ce projet va donner un véritable élan aux services en français dans le secteur de la justice. En effet, la ministre elle-même a indiqué avoir été surprise lorsqu’elle s’est rendue personnellement au greffe du palais de justice d’Ottawa et a constaté le manque de services en français.

Mais, pour assurer le succès du projet, le gouvernement devra le combiner avec une campagne de promotion pour le faire connaître. C’est donc dire que ce projet devra recevoir le leadership, les ressources et le temps nécessaire pour garantir sa réussite. Ce projet est l’occasion de constater de visu ce à quoi ressemble un système de justice équitable pour les francophones en milieu minoritaire, et, surtout, pour disposer d’une feuille de route pour en faire une réalité.

Un bémol toutefois, j’aurais souhaité que le projet soit circonscrit à une région qui comporterait à la fois des régions désignées par la Loi sur les services en français et des régions non désignées ainsi que des centres urbains et des milieux ruraux. En limitant le projet à la ville d’Ottawa seulement, je garde un doute quant au reflet des résultats sur la diversité de l’accès à la justice en français dans toute la province. Malgré cela, le Commissariat mise beaucoup sur ce projet pilote puisque nous continuons de recevoir des plaintes sur le manque d’accessibilité à la justice en français.

À suivre.

Trois groupes interessés – Suivi au rapport

Ce billet fait partie d’une série sur  le suivi au rapport annuel que le commissaire publie pour souligner certaines des parties qui demeurent d’actualités. Nous aurons l’occasion, au cours de l’automne d’ajouter davantage d’informations à la version interactive du rapport disponible ici.

 

Une vision et une mission confirmées

Si l’indépendance du Commissariat a été modifiée en regard de sa position, de sa permanence et de son influence, sa vision et sa mission n’ont pas été altérées. Bien au contraire, en se préparant à déclarer son indépendance, le Commissariat a réexaminé et confirmé son engagement envers le public et ses intervenants.

Vision

« Le Commissariat aux services en français agit pour assurer une prestation active et intégrée des services en français, en appui au développement de la communauté francophone, et du coup, de la société ontarienne. »

Autrement dit, la raison d’être du Commissariat est d’aider la population de l’Ontario à recevoir des services en français du gouvernement de l’Ontario et de ses prestataires de services. Ce faisant, le Commissariat appuie le développement des communautés francophones et francophiles et, par extension, de l’ensemble de la société ontarienne.

Bien que son rôle officiel soit d’aider les citoyennes et citoyens à recevoir les services auxquels ils ont droit, l’objectif ultime est de faire en sorte qu’un jour en Ontario il soit tout naturel d’offrir et de fournir des services en français. La Loi sur les services en françaiset ses règlements garantissent le droit des citoyennes et citoyens de l’Ontario à obtenir des services de leur gouvernement aussi bien en français qu’en anglais. Cela témoigne de l’importance, et par conséquent, de la nécessité de protéger la langue française en Ontario. C’est une richesse dont les Ontariennes et Ontariens doivent être fiers, mais il faut s’efforcer d’en assurer la mise en application, et cela commence par la responsabilité du gouvernement d’offrir des services aussi bien en français qu’en anglais.

Pour un francophone, pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle est plus qu’un droit, c’est un besoin. Même le plus bilingue d’entre nous préfère obtenir des services dans la langue qu’il maîtrise le mieux quand il aborde un sujet délicat, comme la santé ou la justice, ou quand il se sent diminué, que ce soit à cause d’une situation sociale, de la maladie ou de la vieillesse. Cependant, il ne pourra le faire que si le service est disponible et activement offert.

Les francophiles qui essaient de préserver leur langue seconde, apprise activement en classe, ont également besoin de soutien et de services. Même s’ils n’ont pas à vivre comme une minorité en Ontario, ils doivent relever les mêmes difficultés quand ils veulent avoir accès à des services ou à une éducation en langue française.

Le Commissariat se montre plus empathique à l’égard des citoyennes et citoyens les plus vulnérables de l’Ontario, ceux qui ont le plus besoin des services gouvernementaux, et pourtant ceux qui sont le moins susceptibles de se faire entendre par crainte des représailles. Quand il doit définir des priorités concurrentes, le Commissariat veille à ce que les besoins de ce groupe de citoyens arrivent en tête de liste, qu’il s’agisse d’immigrants qui ne connaissent pas bien leur nouveau pays d’accueil ou de citoyens marginalisés qui peinent à joindre les deux bouts. Le Commissariat croit que le « test moral d’un gouvernement se reflète dans la façon dont il traite les enfants, les aînés, les malades, les indigents et les personnes handicapées ».

Mission

« Le Commissariat aux services en français veille à ce que la population reçoive, en français, des services de qualité du gouvernement de l’Ontario. Il surveille l’application de la Loi sur les services en français grâce à son pouvoir d’enquête. Il exhorte les ministères et organismes gouvernementaux à concevoir de façon proactive des politiques et des programmes adaptés à leur clientèle francophone. Il y parvient notamment au moyen de son pouvoir de recommandation. »

 

Une affirmation de notre mission

Les objectifs que se fixe un organisme justifient la raison de son existence. En abordant sa mission en vertu de cette nouvelle perspective d’indépendance du gouvernement, le Commissariat a identifié trois groupes dont le soutien est essentiel pour mener à bien son mandat; ce sont l’ensemble des citoyennes et citoyens de l’Ontario, le gouvernement de l’Ontario et les parlementaires.

 

Les citoyennes et citoyens de l’Ontario

Le Commissariat invite toutes les citoyennes et tous les citoyens de l’Ontario, quelle que soit leur langue maternelle, à communiquer avec son bureau pour lui faire part de leurs préoccupations au sujet des manquements observés dans l’application de la Loi sur les services en français. Les signalements ne se limitent pas à la qualité douteuse des services directs, mais incluent aussi des questions plus générales comme les barrières systémiques qui limitent l’offre de programmes et de services en français aux personnes qui souhaitent vivre en français en Ontario.

Le Commissariat se penche rapidement sur les cas les plus urgents, sans toutefois sous-estimer l’importance des signalements n’exigeant pas une intervention immédiate. Pour les communautés minoritaires, les gains à long terme sont souvent le résultat d’une série de petites victoires. C’est pour cette raison que le commissaire compte sur l’appui et une vigilance de tous les instants de la part des citoyennes et citoyens de l’Ontario pour poursuivre sa mission.

Le gouvernement de l’Ontario

Le Commissariat travaille d’arrache-pied pour entretenir des relations suivies avec ses partenaires gouvernementaux qui doivent s’assurer d’offrir des services de qualité en français.

De manière générale, le Commissariat est interpellé principalement quand il reçoit des plaintes du public ou soupçonne des manquements dans la prestation de services en français. Les représentantes et représentants du gouvernement doivent considérer les interventions du Commissariat comme autant d’occasions de bonifier leurs services et leurs programmes.

Le gouvernement est responsable d’offrir des services directs et indirects au public et, de ce fait, il doit assumer la responsabilité de tout manquement relatif à la prestation de services en français porté à l’attention du Commissariat. Après tout, les plaignants qui s’adressent au Commissariat sont en fait ses plaignants.

Le gouvernement doit se montrer aussi proactif dans son offre de services en français qu’il l’est pour assurer la prévention et les modifications à son offre de services. En fait, le gouvernement est indispensable à la mise en œuvre des recommandations faites par le commissaire dans ses rapports annuels et ses rapports d’enquête; cela signifie qu’il doit fournir des réponses exhaustives et prendre des mesures concrètes à cet égard. C’est pourquoi le commissaire s’attend une collaboration active du gouvernement de l’Ontario pour poursuivre sa mission.

Les parlementaires

À titre de tout récent fonctionnaire de l’Assemblée dont il relève, le commissaire a pour rôle d’aider les parlementaires élus à faire en sorte que le gouvernement et ses fonctionnaires soient tenus responsables de l’intendance, de la mise en œuvre et de la prestation des services en français, dans le respect des dispositions et de l’esprit de la Loi.

De ce fait, le commissaire s’attend à une écoute attentive, à des ressources suffisantes et à un engagement ferme de la part des parlementaires de l’Ontario pour poursuivre sa mission, ainsi que s’assurer que le gouvernement s’acquitte de ses obligations législatives et réglementaires

10e anniversaire de l’AFKW

Vendredi dernier, j’ai eu le plaisir de me rendre pour la toute première fois comme commissaire dans la belle région de Kitchener Waterloo. Au cours des sept dernières années, je peux vous assurer que je me suis déplacé assez souvent merci aux quatre coins de la province, mais jamais encore dans cette région; voilà une situation enfin réparée. Comme à mon habitude, je me suis rendu dans une école secondaire pour rencontrer des jeunes de 12e année. Grand merci à la direction de l’École secondaire catholique Père-René-de-Galinée pour leur merveilleux accueil chaleureux. Merci surtout aux élèves pour leur participation à une discussion des plus enrichissantes. J’ai rencontré, encore une fois, des étudiantes et étudiants allumés, intéressés, motivés et inspirants. Nous avons parlé de définition d’un francophone, de la place du français dans le monde, de la place du français dans leur vie, de l’importance du service en français, de la considération nécessaire à apporter aux clients, y compris les clients francophones lorsqu’ils demandent des services de la part du gouvernement ou même du secteur privé et de toutes les possibilités l’apprentissage et l’usage des deux langues, y compris au niveau de l’éducation postsecondaire.

Sur invitation de la présidente de l’Association francophone de Kitchener-Waterloo (l’AFKW), madame Suzette Hafner, que je remercie chaleureusement, j’ai pu échanger avec divers représentants de la communauté.  Nous avons pu échanger sur une foule de sujets, mais plus particulièrement sur la question importante de la désignation. En effet, la région de Kitchener Waterloo n’est pas l’une des 25 régions désignées sous la Loi sur les services en français. La question de la désignation des régions a déjà fait l’objet de plusieurs commentaires, et j’ai eu l’occasion d’en traiter dans l’un de mes rapports annuels. J’ai également commis un billet sur le blogue plutôt détaillé sur la question, donc je n’épiloguerai pas trop aujourd’hui davantage. N’empêche, surtout après avoir visité une école secondaire remplie de jeunes si dynamiques, on ne peut rester insensible face aux arguments saisissants d’une communauté francophone qui souhaite tout simplement recevoir des services en français de la part de leur gouvernement. Je réitère qu’il s’agit d’une question sur laquelle je devrai bien me pencher au cours des prochaines années. La liste est longue! J’en profite au passage pour remercier aussi la coordonnatrice des services en français du RLISS Kitchener-Waterloo, madame France Tolhurst pour nous avoir permis de tenir cette rencontre aux locaux même du RLISS.

En soirée, l’AFKW a célébré, en compagnie des premiers directeurs, son 10e anniversaire, à l’hôtel de ville de Kitchener (superbe en passant). À l’époque, monsieur Robert André, avait tout simplement fait passer des annonces dans le journal local ainsi que dans d’autres médias afin d’inviter tous ceux et celles voulant discuter d’une future association francophone dans la région à venir en discuter. Une vingtaine de personnes se sont présentées à l’événement. Bien qu’il y ait eu des débats, et c’est tant mieux, sur le rôle de la future association, voire son nom, ils ont décidé d’en créer une et d’y mettre les heures qu’il fallait. De fait, comme l’a rappelé le premier président René, « c’était comme si nous avions un emploi le jour, et un autre le soir, mais pour lequel nous n’étions évidemment pas payés! ». Je le crois. Cela prend beaucoup de ténacité, de détermination et de support familial pour s’assurer que cet engagement soit constructif pour la communauté. Aujourd’hui, ces pionniers peuvent se targuer de dire « mission accomplie ».

Les francophones en Ontario

Les francophones en Ontario

Le visage de la société ontarienne ne cesse de changer au gré des vagues successives d’immigration. En 2006, l’Ontario compte plus de la moitié de l’ensemble de la population des minorités visibles au Canada. La communauté franco-ontarienne n’est pas en reste. Elle présente une proportion élevée d’immigrants récents. Selon les dernières données de recensement de Statistique Canada, en 2011, des 13,5 millions de personnes en Ontario, 611 500 s’identifient en tant que francophones. C’est-à-dire près de 5% de la population. Ces données indiquent aussi que 14% des francophones sont nées à l’extérieur du Canada, principalement en provenant de l’Europe et de l’Afrique.

Un autre facteur important dans l’augmentation du nombre de francophones est lié à l’adoption, en 2009, de la définition inclusive de francophone (DIF) plus large qui a permis de recenser 50 000 francophones de plus. Cette définition s’appuie sur trois variables : la ou les langues maternelles, la connaissance des langues officielles et la ou les langues parlées à la maison. Ainsi, la DIF intègre, outre les personnes qui ont le français comme langue maternelle, celles n’ayant ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, donc les allophones, mais qui ont une connaissance particulière du français comme langue officielle et la parle à la maison. Par exemple, selon la DIF, une famille marocaine qui parle l’arabe et le français à la maison est maintenant considérée comme francophone. À cela s’ajoute la proportion de plus en plus importante qu’occupe les couples exogames, soit ceux composés d’un parent anglophone et d’un autre francophone, et des jeunes qui s’identifient et s’affichent de plus en plus, comme étant bilingue.

Je vous invite à prendre connaissance et à faire circuler dans votre réseau cette infographie qui illustre en chiffre la présence française en Ontario.

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Recommandation de nommer un Comité permanent sur les services en français

Ce billet est le deuxième d’une série faisant le suivi au rapport annuel que le commissaire publie pour souligner certaines des parties qui demeurent d’actualités. Nous aurons l’occasion, au cours de l’automne d’ajouter davantage d’informations pertinentes à certaines sections de la version interactive du rapport disponible ici

Je suis extrêmement motivé à l’idée que les Franco-Ontariennes et les Franco-Ontariens obtiennent une nouvelle institution qui leur appartienne et qui fasse partie intégrante de l’Assemblée législative. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’anticipe que les communautés francophones et francophiles de toute la province puissent construire cette institution, de là l’inspiration pour le titre de mon rapport annuel 2013-2014 intitulé Une institution francophone s’enracine.

Avec le dépôt de ce rapport annuel, maintenant au président de l’Assemblée législative (plutôt qu’à la ministre déléguée aux Affaires francophones), je souhaite dialoguer avec mes 107 nouveaux patrons, autrement dit, avec les députés de l’Assemblée. Cependant, je me suis aperçu qu’il n’y avait nulle part où aller au Parlement pour réagir aux recommandations et propos rendus dans de tels rapports. Il n’existe pas de possibilité d’échange avec les parlementaires en rapport aux questions et enjeux liés à l’application de la Loi sur les services en français.

En effet, l’une des raisons que j’avais invoquées pour justifier l’indépendance du Commissariat était que je souhaitais une meilleure appropriation des parlementaires à la loi quasi constitutionnelle qu’est la Loi sur les services en français. C’est pourquoi j’ai recommandé la mise en place d’un Comité permanent sur les services en français, chargé notamment, de traiter des questions liées au bien-être et à l’épanouissement de la communauté francophone de l’Ontario. Ce comité pourrait être un interlocuteur actif et engagé pour assurer un suivi aux recommandations et préoccupations soulevées. Il pourrait inviter la ministre déléguée aux Affaires francophones ou toute autre ministre à venir expliquer leur action ou inaction ou tout simplement donner leur point de vue concernant les enjeux touchant la francophonie ontarienne.

Au fait, on ne procure aucune véritable tribune au sein du Parlement pour dialoguer avec les officiers de l’Assemblée législative. Si jamais l’idée d’un Comité permanent sur les services en français ne devait pas se concrétiser, alors peut-être que l’Assemblée législative pourrait se doter d’un comité parlementaire chargé d’entendre les propos de ces officiers de l’Assemblée législative. Nous sommes indépendants du gouvernement, mais nous devons tout de même rendre des comptes aux parlementaires et pouvoir échanger avec eux.