Blogue du commissaire

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Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

10e anniversaire de l’AFKW

Vendredi dernier, j’ai eu le plaisir de me rendre pour la toute première fois comme commissaire dans la belle région de Kitchener Waterloo. Au cours des sept dernières années, je peux vous assurer que je me suis déplacé assez souvent merci aux quatre coins de la province, mais jamais encore dans cette région; voilà une situation enfin réparée. Comme à mon habitude, je me suis rendu dans une école secondaire pour rencontrer des jeunes de 12e année. Grand merci à la direction de l’École secondaire catholique Père-René-de-Galinée pour leur merveilleux accueil chaleureux. Merci surtout aux élèves pour leur participation à une discussion des plus enrichissantes. J’ai rencontré, encore une fois, des étudiantes et étudiants allumés, intéressés, motivés et inspirants. Nous avons parlé de définition d’un francophone, de la place du français dans le monde, de la place du français dans leur vie, de l’importance du service en français, de la considération nécessaire à apporter aux clients, y compris les clients francophones lorsqu’ils demandent des services de la part du gouvernement ou même du secteur privé et de toutes les possibilités l’apprentissage et l’usage des deux langues, y compris au niveau de l’éducation postsecondaire.

Sur invitation de la présidente de l’Association francophone de Kitchener-Waterloo (l’AFKW), madame Suzette Hafner, que je remercie chaleureusement, j’ai pu échanger avec divers représentants de la communauté.  Nous avons pu échanger sur une foule de sujets, mais plus particulièrement sur la question importante de la désignation. En effet, la région de Kitchener Waterloo n’est pas l’une des 25 régions désignées sous la Loi sur les services en français. La question de la désignation des régions a déjà fait l’objet de plusieurs commentaires, et j’ai eu l’occasion d’en traiter dans l’un de mes rapports annuels. J’ai également commis un billet sur le blogue plutôt détaillé sur la question, donc je n’épiloguerai pas trop aujourd’hui davantage. N’empêche, surtout après avoir visité une école secondaire remplie de jeunes si dynamiques, on ne peut rester insensible face aux arguments saisissants d’une communauté francophone qui souhaite tout simplement recevoir des services en français de la part de leur gouvernement. Je réitère qu’il s’agit d’une question sur laquelle je devrai bien me pencher au cours des prochaines années. La liste est longue! J’en profite au passage pour remercier aussi la coordonnatrice des services en français du RLISS Kitchener-Waterloo, madame France Tolhurst pour nous avoir permis de tenir cette rencontre aux locaux même du RLISS.

En soirée, l’AFKW a célébré, en compagnie des premiers directeurs, son 10e anniversaire, à l’hôtel de ville de Kitchener (superbe en passant). À l’époque, monsieur Robert André, avait tout simplement fait passer des annonces dans le journal local ainsi que dans d’autres médias afin d’inviter tous ceux et celles voulant discuter d’une future association francophone dans la région à venir en discuter. Une vingtaine de personnes se sont présentées à l’événement. Bien qu’il y ait eu des débats, et c’est tant mieux, sur le rôle de la future association, voire son nom, ils ont décidé d’en créer une et d’y mettre les heures qu’il fallait. De fait, comme l’a rappelé le premier président René, « c’était comme si nous avions un emploi le jour, et un autre le soir, mais pour lequel nous n’étions évidemment pas payés! ». Je le crois. Cela prend beaucoup de ténacité, de détermination et de support familial pour s’assurer que cet engagement soit constructif pour la communauté. Aujourd’hui, ces pionniers peuvent se targuer de dire « mission accomplie ».

Les francophones en Ontario

Les francophones en Ontario

Le visage de la société ontarienne ne cesse de changer au gré des vagues successives d’immigration. En 2006, l’Ontario compte plus de la moitié de l’ensemble de la population des minorités visibles au Canada. La communauté franco-ontarienne n’est pas en reste. Elle présente une proportion élevée d’immigrants récents. Selon les dernières données de recensement de Statistique Canada, en 2011, des 13,5 millions de personnes en Ontario, 611 500 s’identifient en tant que francophones. C’est-à-dire près de 5% de la population. Ces données indiquent aussi que 14% des francophones sont nées à l’extérieur du Canada, principalement en provenant de l’Europe et de l’Afrique.

Un autre facteur important dans l’augmentation du nombre de francophones est lié à l’adoption, en 2009, de la définition inclusive de francophone (DIF) plus large qui a permis de recenser 50 000 francophones de plus. Cette définition s’appuie sur trois variables : la ou les langues maternelles, la connaissance des langues officielles et la ou les langues parlées à la maison. Ainsi, la DIF intègre, outre les personnes qui ont le français comme langue maternelle, celles n’ayant ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, donc les allophones, mais qui ont une connaissance particulière du français comme langue officielle et la parle à la maison. Par exemple, selon la DIF, une famille marocaine qui parle l’arabe et le français à la maison est maintenant considérée comme francophone. À cela s’ajoute la proportion de plus en plus importante qu’occupe les couples exogames, soit ceux composés d’un parent anglophone et d’un autre francophone, et des jeunes qui s’identifient et s’affichent de plus en plus, comme étant bilingue.

Je vous invite à prendre connaissance et à faire circuler dans votre réseau cette infographie qui illustre en chiffre la présence française en Ontario.

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Recommandation de nommer un Comité permanent sur les services en français

Ce billet est le deuxième d’une série faisant le suivi au rapport annuel que le commissaire publie pour souligner certaines des parties qui demeurent d’actualités. Nous aurons l’occasion, au cours de l’automne d’ajouter davantage d’informations pertinentes à certaines sections de la version interactive du rapport disponible ici

Je suis extrêmement motivé à l’idée que les Franco-Ontariennes et les Franco-Ontariens obtiennent une nouvelle institution qui leur appartienne et qui fasse partie intégrante de l’Assemblée législative. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’anticipe que les communautés francophones et francophiles de toute la province puissent construire cette institution, de là l’inspiration pour le titre de mon rapport annuel 2013-2014 intitulé Une institution francophone s’enracine.

Avec le dépôt de ce rapport annuel, maintenant au président de l’Assemblée législative (plutôt qu’à la ministre déléguée aux Affaires francophones), je souhaite dialoguer avec mes 107 nouveaux patrons, autrement dit, avec les députés de l’Assemblée. Cependant, je me suis aperçu qu’il n’y avait nulle part où aller au Parlement pour réagir aux recommandations et propos rendus dans de tels rapports. Il n’existe pas de possibilité d’échange avec les parlementaires en rapport aux questions et enjeux liés à l’application de la Loi sur les services en français.

En effet, l’une des raisons que j’avais invoquées pour justifier l’indépendance du Commissariat était que je souhaitais une meilleure appropriation des parlementaires à la loi quasi constitutionnelle qu’est la Loi sur les services en français. C’est pourquoi j’ai recommandé la mise en place d’un Comité permanent sur les services en français, chargé notamment, de traiter des questions liées au bien-être et à l’épanouissement de la communauté francophone de l’Ontario. Ce comité pourrait être un interlocuteur actif et engagé pour assurer un suivi aux recommandations et préoccupations soulevées. Il pourrait inviter la ministre déléguée aux Affaires francophones ou toute autre ministre à venir expliquer leur action ou inaction ou tout simplement donner leur point de vue concernant les enjeux touchant la francophonie ontarienne.

Au fait, on ne procure aucune véritable tribune au sein du Parlement pour dialoguer avec les officiers de l’Assemblée législative. Si jamais l’idée d’un Comité permanent sur les services en français ne devait pas se concrétiser, alors peut-être que l’Assemblée législative pourrait se doter d’un comité parlementaire chargé d’entendre les propos de ces officiers de l’Assemblée législative. Nous sommes indépendants du gouvernement, mais nous devons tout de même rendre des comptes aux parlementaires et pouvoir échanger avec eux.

Protocole d’entente avec le Barreau du Haut-Canada

Au cours de la fin de semaine dernière, j’ai eu le privilège de signer un protocole d’entente avec l’une des plus importantes institutions dans le domaine de la justice en Ontario, et certainement au pays. Le Barreau du Haut-Canada est essentiellement un organisme chargé de protéger le public en s’assurant que les avocats et les parajuristes pratiquant le droit dans la province sont bel et bien inscrits, formés et encadrés selon les règles de l’art. L’indépendance du Barreau pour accomplir son travail est absolument cruciale. Toutefois, il existe un débat juridique jamais encore prouvé devant les tribunaux qu’il est possible que, lorsqu’il est question de la Loi sur les services en français, que le Barreau puisse être considéré comme une institution de la Législature, ce qui permettrait ainsi à mon bureau de recevoir des plaintes et d’enquêter au sujet des services en français offerts par le Barreau au public ainsi qu’à ses membres.

Inutile de vous dire que de tenir un tel débat juridique serait au minimum très long, fort coûteux et dont les résultats seraient hasardeux et que le dénouement ultime ne serait vraisemblablement connu qu’aux plus hauts échelons de la magistrature. Voilà pourquoi je suis si fier du Barreau aujourd’hui. Ils ont compris que l’intérêt public passe d’abord par l’amorce d’un dialogue constructif avec le Commissariat afin de bien desservir le public et les membres du Barreau. Le protocole d’entente se veut un geste de maturité et de respect de deux organismes ayant à cœur la quête de s’améliorer dans la prestation de services en français de qualité. Ce geste innovateur se veut aussi une autre démonstration du changement de ton et d’attitude de la part du Barreau amorcé il y a quelques temps déjà. En effet, ne serait-ce qu’au cours de la dernière année, le Barreau a mis sur pied un programme de pratique du droit (PPD) tant en anglais qu’en français. Mais le PPD n’est pas simplement traduit comme on le voit souvent ailleurs. Ce nouveau programme a été entièrement conçu en collaboration avec l’Université d’Ottawa, en fonction des besoins précis de la communauté franco-ontarienne. Qui plus est, le Barreau a aussi adopté un nouveau règlement sur les services en français au cours des derniers mois. Et maintenant, un protocole d’entente avec le Commissariat alors que rien ne les obligeait à signer.

Que l’on se comprenne bien, il n’est aucunement question d’un abandon de nos positions respectives, comme cela a été mentionné par certains médias. L’entente est d’ailleurs assez claire à cet égard. Il s’agit plutôt d’entamer ce dialogue qui se voudra constructif et ce, malgré les inévitables différents auxquels nous ferons face au fil du temps. Je peux d’ores et déjà voir que la question de la formation professionnelle sera l’un des premiers enjeux auxquels nous devrons faire face.

De quel type de plaintes sera-t-il question? Cela peut varier. Il est question ici des nombreux services au public offerts par le Barreau ou à ses membres. Je viens de parler de formation professionnelle, mais il peut aussi s’agir de documents, de traduction sur le site internet, d’aide directe auprès du public ou du Barreau. En aucun temps cependant le Commissariat ne traitera de plaintes individuelles contre des membres du Barreau n’ayant pas respecté, par exemple, le Code de déontologie en matière d’aviser les membres du public de leurs droits de recevoir un procès en français.

Cela dit, la bonne foi est manifeste et la volonté d’agir positivement, indiscutable. Avec ces deux éléments, on peut aller de l’avant et je suis confiant du succès de notre nouveau partenariat. Je m’en voudrais de ne pas souligner le leadership indéfectible des deux trésoriers, Mes Tom Conway et Janet E. Minor, sans qui rien de ceci n’aurait été possible. Il en va de même du directeur général, Me Robert Lapper qui a rapidement compris et bien saisi toute l’importance d’agir positivement. Il a su insuffler à son extraordinaire personnel les directives nécessaires pour mener à bien les discussions entre le Commissariat et le Barreau. Naturellement, bien d’autres gens sont aussi à remercier chaleureusement, mais ils devront se contenter, pour l’instant, de s’y reconnaître.

Enfin, cette entente se veut aussi un précédent envers les autres ordres professionnels, un enjeu repris dans quelques rapports annuels passés. Je tends la main maintenant vers ces autres ordres professionnels afin que l’on puisse en faire tout autant. À bon entendeur, salut!

Célébrer les 25 ans de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO)

Le présent billet de blogue est proposé par notre blogueuse invitée, Alison Stewart. Alison est l’une de nos trois chefs de projets et est aussi responsable des liaisons communautaires, et elle a également participé au congrès.

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir de me retrouver encore une fois dans la jolie ville de Welland, qui fait partie de la région désignée de Niagara. Malgré les trois heures de route pour y arriver, j’étais heureux de faire un discours pour féliciter l’AFMO d’avoir soutenu et réuni depuis 25 ans les communautés francophones de l’Ontario. Je passe maintenant la plume blogueuse à mon chef de projets aux enquêtes, Alison Stewart, qui était présente au congrès.

Celui-ci a commencé par une belle journée ensoleillée, et il a attiré 150 personnes, dont des maires, des dirigeants municipaux, des représentants du gouvernement et de jeunes francophones, qui venaient s’initier aux manières de renforcer des communautés. Après avoir été chaleureusement accueilli par le maire de Welland et président de l’AFMO, maître Ronald Caza a donné le coup d’envoi du congrès par un discours éloquent et enflammé, au cours duquel il a démontré l’importance de développer la culture franco-ontarienne et il a décrit les divers outils juridiques à la disposition de la communauté pour assurer ses droits. Il a rappelé à son auditoire le succès qu’il est possible d’obtenir quand les gens se rassemblent, et il a cité des exemples intéressants, y compris la façon dont la communauté de Russell a réussi à faire approuver l’utilisation de panneaux bilingues.

Nous avons ensuite entendu parler de l’excellent travail de renforcement de la collectivité qui a été accompli à la municipalité de la Rivière des Français pour que les jeunes collaborent avec les aînés de la ville, afin que la culture francophone soit transmise d’une génération à l’autre. Le ministre de l’Agriculture nous a alors parlé du bon travail de Foodland Ontario qui favorise les producteurs de l’Ontario. Il a également mis en valeur son pendant francophone moins connu, Terre nourricière, qui réussit néanmoins à promouvoir non seulement les producteurs locaux, mais aussi l’importance du bilinguisme. De plus, il nous a donné une vue d’ensemble des progrès accomplis dans le secteur de la justice, particulièrement de la stratégie de la PPO pour améliorer son offre de services en français, qui comprend le recrutement actif de personnel bilingue et la formation d’une équipe d’intervention d’urgence.   

Pendant le congrès, un des thèmes les plus importants fut la prospérité économique. Annie Girard du RDÉE a parlé des avantages du « dollar français ». Elle a montré comment, loin de coûter de l’argent au gouvernement, le bilinguisme canadien est un moteur de commerce international avec les pays francophones, comme la France et les pays d’Afrique. Ce continent a déjà été ciblé par la Chine, et devrait être considéré par le Canada comme une terre de grandes possibilités – notre francophonie étant cruciale pour envisager un tel développement économique. France Dionne, de Québec, a ensuite parlé d’un vaste projet, qui consisterait à apporter la prospérité dans les villes nord-américaines en mettant en valeur leur héritage francophone, en créant un itinéraire touristique francophone qui viserait les villes ayant un passé français, comme Lafayette dans le sud des États-Unis, ou Sault-Sainte-Marie et d’autres encore. Elle a également suggéré d’excellentes idées pour que les villes commencent à attirer les touristes francophones et francophiles : ajouter un onglet francophone sur le site Web de votre ville (pour que les visiteurs sachent que vous parlez français !), l’ajouter à votre page wiki (vous n’avez pas de page sur Wikipédia pour annoncer votre ville ? Créez-en une !), produire des dépliants sympathiques pour promouvoir la « francité » de votre ville et vous assurer que le centre de tourisme régional connaît vos attractions historiques. Ne serait-ce pas amusant de voir un monument géant célébrant les francophones quand vous arrivez à Rivière des Français ? Pourquoi pas ? Sudbury a bien sa pièce de cinq sous ! Enfin, durant le congrès, Guy Rouleau a fait un formidable travail d’interprétation simultanée pour tous les conférenciers. Je me suis même retrouvée, à un certain moment, en train d’écouter les conférenciers en français avec l’oreille gauche et la traduction anglaise de Guy avec l’oreille droite.

En fin de compte, le congrès a réuni de façon intéressante et brillante des dirigeants francophones et des membres de la communauté venus d’un peu partout en Ontario, qui ont profité des produits locaux de Welland et qui ont fait du réseautage pour assurer le dynamisme de la culture franco-ontarienne. L’AFMO tiendra son congrès à Toronto l’an prochain, une bonne occasion d’accroître son influence et de mettre en valeur la riche francophonie qui existe à Toronto. Espérons simplement que la ville de Toronto sera aussi accueillante que Welland ! Chapeau à Jacqueline Noiseux et à son équipe pour avoir organisé un congrès si remarquable. 

Un été au Commissariat

Le présent billet de blogue est proposé par notre blogueur invité, Olivier Smith. Olivier était adjoint au classement et archivage pendant l’été 2014Vous pouvez le suivre sur twitter @OlivierESmith.

J’ai eu la chance et le réel plaisir de travailler comme adjoint au classement et archivage cet été au Commissariat aux services en français de l’Ontario. Je dis réel plaisir parce que les deux mois que j’y ai passés au sein de l’équipe du Commissariat furent certes occupés, mais surtout intéressants, engageants et motivants. Entouré d’une équipe si sympathique et travaillant avec des enjeux si près de la politique provinciale et de la francophonie ontarienne, je me suis rapidement senti dans mon élément. La nervosité qui accompagne généralement les premiers jours dans un nouveau poste s’est dissipée pour laisser place à une excitation face aux projets que j’allais bientôt entreprendre.

Les tâches reliées à mon poste consistaient à : garder à jour les dossiers d’enquête et la base de données du bureau, cataloguer des documents de bibliothèque et assister au dépôt du rapport annuel 2013-2014 à l’Assemblée législative. À l’exception du dépôt du rapport annuel, qui a été pour toute l’équipe un évènement des plus excitant, ces responsabilités pourraient paraître plutôt banales aux yeux de plusieurs. Cependant, celles-ci se sont avérées  être des tâches captivantes parce qu’elles me permettaient de comprendre les enjeux auxquels font face plusieurs francophones et auxquels on ne pense pas avant d’y être confronté.

À mesure que je révisais les nombreuses plaintes, les enquêtes et les articles de journaux, j’en arrivais encore et encore  à la même conclusion; l’offre de service en français en Ontario a encore plusieurs défis à relever, et cela, dans tous les secteurs. M’étant toujours identifié comme francophone, cette conclusion me préoccupait certainement. J’étais et je suis encore d’avis que la culture, l’histoire et l’évolution de la communauté franco-ontarienne sont étroitement entrelacées avec celle de l’Ontario. La place de cette communauté dans la province est indéniable et la moindre des choses serait que les Franco-ontariens aient accès à des services en français équivalent à ceux offerts aux anglophones de la province. Je suis francophone, mais je suis aussi, comme je m’en suis rapidement aperçu, jeune, naïf et surtout bilingue. Malgré mon avis que l’accès à des services en français va de soi, j’étais aussi d’avis que cette lutte ne me touchait pas directement puisque je parlais français et anglais. « Que ce soit un ‘Bonjour’ ou un ‘Hello’, ça ne pose pas de défi », je me disais.

Ceci bien sûr c’était avant mes deux mois au Commissariat, alors que j’avais encore l’impression que l’offre de services publics en Ontario se limitait à un service au comptoir, un service téléphonique ou un site web. Cependant, c’est en faisant ces tâches, banales à premier coup d’œil, qu’il est devenu évident que les services publics en Ontario consistent en bien plus qu’un « Hello/Bonjour » à un comptoir, bien plus qu’une affaire bureaucratique et impersonnelle. La question d’offre de service en français en Ontario touche, par exemple, la langue dans laquelle je pouvais suivre mes cours à l’Université. Elle touche le francophone, bilingue, trilingue ou polyglotte, qui est à l’hôpital, qui cherche à adopter, qui est devant un tribunal et qui aura sans doute besoin de s’exprimer dans la langue officielle avec laquelle il est le plus confortable. L’offre de service en français en Ontario inclut tant d’aspects personnels qui dépassent le « Hello, how may I help you? » avec lequel je me croyais si confortable. Pour ces raisons, je constate que c’est une affaire qui touche et qui concerne directement plus de 600 000 Ontariens et Ontariennes, dont moi.

Il n’y a aucun doute que, de tout ce que j’ai appris cet été, cette leçon sera certainement parmi les plus utiles. Je remercie donc l’équipe du Commissariat aux services en français de l’Ontario pour cette si belle expérience qu’a été mon séjour au bureau, mais surtout pour le travail qu’ils font pour la communauté franco-ontarienne dans lequel je suis maintenant davantage impliqué. À tous ceux et celles qui seraient intéressés (e)s à travailler au CSF l’été prochain, je vous le recommande, je vous le souhaite et je vous assure que l’expérience sera inoubliable.

Célébrons les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens

En ce 25 septembre, il me fait plaisir de souligner cet anniversaire important pour les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens qui est également la journée du drapeau Franco-Ontarien. À l’occasion de cette fête, j’aimerais rappeler que nous sommes 611,500, soit près de 5% de la population de l’Ontario à nous rassembler sous la bannière du drapeau. Cela nous rappelle que la francophonie en Ontario continue de croître et de s’épanouir.

Mais bien plus de personnes choisissent de vivre et de travailler en français et s’intéressent à la langue française et aux communautés de langue française du Canada. On intègre dans la francophonie, outre les personnes qui ont le français comme langue maternelle, celles n’ayant ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, donc les allophones, mais qui ont une connaissance particulière du français comme langue officielle et le parle à la maison. En effet, beaucoup de gens s’appliquent à être bilingues et cherchent activement à assurer la continuité du riche patrimoine Franco-Ontarien. Ces amoureux de la langue française, ou dites-on plutôt  francophiles, se joignent également à la famille francophone qui fait partie d’une communauté globale comprenant 220 millions de locuteurs répartis sur les cinq continents.

À l’aube du 400e, la présence francophone est toujours aussi vibrante et surtout très bien représentée dans le Nord de l’Ontario où presque une personne sur quatre est francophone. Cela  témoignage d’une incroyable contribution culturelle, sociale et économique dans la province, car une communauté n’est pas un simple regroupement d’individus – c’est un ensemble de personnes qui épousent des origines et un héritage communs. À cet égard, les acquis de la communauté francophone en milieu minoritaire proviennent de nombreuses luttes et de victoires qui se sont même dotées d’un symbole d’affirmation culturelle avec son propre drapeau.

Ce drapeau est non seulement un symbole des luttes et victoires de la communauté francophone, mais illustre également de l’héritage commun  des francophones et des anglophones en arborant côte à côte la fleur de lys et de la fleur de trille. Cet emblème de l’identité  franco-ontarienne nous rappelle ce précieux avoir de cultures, de souvenirs et d’espoirs. On a de quoi être fier!

Suivi au rapport annuel

Ce billet est le premier d’une série que le commissaire publie pour souligner certaines parties du rapport annuel 2013-2014 qui demeurent d’actualités en commençant par un retour sur l’avant-propos. Nous aurons l’occasion, au cours de l’automne d’ajouter davantage d’informations pertinentes à certaines sections de la version interactive du rapport disponible ici

C’est une chance inouïe que de vivre dans sa carrière un moment si marquant qu’il laisse une trace indélébile non seulement dans sa mémoire, mais aussi dans sa communauté. C’est cette chance que j’ai eue quand, le 1er janvier 2014, à la suite de l’adoption du projet de loi 106, le Commissariat aux services en français de l’Ontario a quitté le giron gouvernemental pour devenir un organisme indépendant relevant de l’Assemblée législative.

Aujourd’hui, le Commissariat fait donc partie intégrante de l’Assemblée législative de l’Ontario. Aujourd’hui, les francophones ont une voix permanente au Parlement. Aujourd’hui pose ses racines sur les plus hautes terres de la province une institution qui oeuvre en français pour le français. Une institution dont les francophones pourront être fiers pour les années, voire les générations, à venir.

Cela ne veut pas dire que l’arbre n’était pas déjà vigoureux — comme en témoigne l’abondante récolte de recommandations passées, de plaintes traitées et de changements systémiques entrepris par le gouvernement. Mais subsistait toujours le risque qu’il devienne ni plus ni moins ornemental ou, pire encore, qu’il fasse les frais d’une coupe à blanc, au gré des alternances politiques.

Plus maintenant. Cette institution est solidement implantée, à l’image de la communauté francophone qu’elle représente et qui, faut-il le rappeler, s’apprète à célébrer le quadricentenaire de sa présence en Ontario.

La persistance de ce grand allié des Franco‑Ontariens et Franco-Ontariennes qu’est le Commissariat est indispensable à l’épanouissement d’une communauté francophone en pleine croissance. Car si la communauté augmente en chiffre et en diversité, car si le taux de transmission du français de parent à enfant ne cesse de grimper, car si les écoles de langue française ont aujourd’hui la cote, car si l’immigration francophone est plus que jamais encouragée, cette belle vigueur sera atténuée si les mécanismes destinés à accueillir et à appuyer ceux et celles qui souhaitent s’exprimer en français dans leurs rapports avec leur gouvernement — et les organismes qu’ils financent — sont déréglés.

En Ontario, les mécanismes officiels sont là pour donner au français la place qui lui revient en sa qualité de langue patrimoniale. Vient évidemment à l’esprit la Loi sur les services en français, mais il ne faut pas oublier la Loi sur les tribunaux judiciaires, la Loi sur l’éducation, la Loi sur les professions de la santé réglementées, la Loi sur les services à l’enfance et à la famille et plusieurs autres lois et règlements qui imposent à l’État des obligations en matière de prestation de services en français. Dans ce terreau législatif ont germé d’innombrables autres mécanismes — règlements, directives, politiques, programmes, rapports, recommandations, etc. — visant à appuyer non seulement la prestation de services en français, mais aussi l’épanouissement de la communauté francophone en Ontario.

Alors que certains mécanismes sont dûment rodés, d’autres doivent cependant être peaufinés, remaniés, renforcés. D’autres encore, qui brillent par leur absence, doivent carrément être mis sur pied. C’est quand ces lacunes sont portées à mon attention, ou que moi ou mon équipe les pressentons, que j’interviens dans la mesure de mes moyens.

En ma qualité de commissaire aux services en français, il m’appartient de faire des enquêtes et de formuler des recommandations pour assurer, d’une part, la prestation adéquate de services en français en Ontario et, d’autre part, l’épanouissement de la communauté francophone dans notre province.

Ce n’est pas mon devoir de veiller à ce que tous les projets et toutes les communications du gouvernement tiennent compte, dès leur planification, des besoins des francophones. Mes fonctions ne consistent pas non plus à faire en sorte que les membres du public soient activement et systématiquement informés de leur droit à un service en français ni à ce qu’il y ait en poste, sur une base permanente, des employés gouvernementaux capables de servir respectueusement les Ontariens et Ontariennes qui parlent français.

Cette responsabilité revient au gouvernement. Plus encore, il incombe au gouvernement non seulement de s’acquitter de cette responsabilité de façon diligente, proactive et intelligente, mais aussi de dénoncer les obstacles à une prestation de services en français de qualité et à l’épanouissement de la francophonie en Ontario, que ces obstacles soient explicites, implicites, procéduraux, réglementaires.

Les membres du gouvernement doivent activement participer à la résolution de situations ponctuelles telles que celles de cette maman qui n’arrive à obtenir aucun service en français de la part d’une société d’aide à l’enfance, de ce justiciable dont les droits linguistiques sont bafoués par le juge chargé d’entendre sa cause, de ces francophones âgés qui reçoivent des directives postopératoires de première nécessité en anglais seulement.

Le gouvernement doit aussi participer activement à l’édification d’un avenir prospère et durable pour la francophonie ontarienne. Il doit voir à ce que les patients francophones de l’Ontario reçoivent des soins intégrés et de qualité dans leur langue, à ce que les organismes que finance le gouvernement aient des obligations incontournables en matière de services en français, à ce que les immigrants de langue française soient dûment encadrés après leur arrivée, à ce que les refontes de programmes gouvernementaux ne banalisent pas l’importance de la participation des francophones à leur propre prise en charge, à ce que les citoyens francophones qui dépendent du système ne soient pas marginalisés ou davantage fragilisés parce qu’ils parlent français.

C’est ce message de responsabilisation que j’entends continuer à transmettre au gouvernement par l’entremise de mes rapports annuels (y compris celui que vous lisez actuellement), de mes enquêtes, de mes recommandations, bref, de tout ce qui est à ma disposition pour améliorer le mieux-être des francophones de l’Ontario, du printemps à l’hiver de leur vie.

Évidemment, je ne puis faire tout ceci seul. Aussi, je tiens à souligner l’appui indispensable des membres de mon équipe qui ont décidé de suivre le nouveau Commissariat. Je suis profondément touché de cet engagement hors du commun des employés et je les remercie du fond du coeur en promettant que je tâcherai d’être à la hauteur de leurs attentes. À titre de commissaire indépendant, je compte bâtir cette nouvelle institution franco-ontarienne en collaboration avec cette équipe extraordinaire.

Et j’ai bon espoir que la nouvelle terre d’accueil du Commissariat, à l’Assemblée législative, facilitera l’assimilation de ce message dont les résultats, je le maintiens, ne peuvent être que bénéfiques pour l’ensemble de la société ontarienne.

Premier Parlement francophone jeunesse des Amériques

J’ai participé le 7 août dernier comme conférencier et panéliste au tout premier Parlement francophone des jeunes des Amériques, un congrès qui réunit des jeunes de 19 à 35 de tous les pays d’Amérique.

La programmation du Parlement a été conçue pour développer la responsabilité sociale, l’action civique et la solidarité francophone au sein de la jeunesse des Amériques et de susciter chez les participants le désir de s’engager pour prendre part activement au changement social. Le thème du panel de discussion auquel j’ai participé avec Me Benoît Pelletier, professeur titulaire à l’Université d’Ottawa et Tasha Kheiriddin, analyste politique et journaliste portait sur l’éthique et la gouvernance, le tout avec l’excellente Madame Gisèle Quenneville, journaliste et animatrice à TVO comme modératrice. Me Pelletier a ouvert la séance avec le volet parlementaire en définissant le vaste terme qu’est la « gouvernance », qu’il a qualifiée comme une action politique consistant à diriger un État. Il a nuancé ses propos en élaborant que la façon de déterminer ce qui doit être une « bonne » gouvernance est liée à un questionnement éthique et qui est la façon de se conduire en tant que citoyen. Il a conclu en insistant sur les deux buts de la gouvernance, soit la recherche d’un intérêt commun et le fait de vivre ensemble.

Ensuite, Madame Kheiriddin a enchaîné avec le volet média en expliquant son rôle de journaliste qui consiste essentiellement à disséminer l’information pour la recherche de la vérité. Elle a expliqué l’importance de cet aspect pour que les citoyens puissent se former une opinion lorsqu’ils consultent les différentes sources médiatiques.  Elle a parlé aussi de l’augmentation des conflits d’intérêts dans les médias canadiens avec l’arrivée des conglomérats et des pressions ressenties par les journalistes pour augmenter les revenus, ce qui risque de contrevenir à l’éthique.

Finalement, j’ai pris la parole pour parler du volet participation citoyenne en élaborant sur la responsabilisation. En effet, on oublie souvent qu’il existe une différence entre la gouvernance et le fait d’être dirigé. C’est donc dire qu’un leader politique ne peut pas toujours tout décider, le citoyen doit se prendre en charge lui-même et rechercher son rôle au niveau de l’équité sociale. Il doit se doter d’outils et de moyens pour lui permettre d’avancer ensemble par la participation citoyenne. J’ai également expliqué que dans mon rôle en tant qu’ombudsman linguistique, on peut donner une voix au Parlement à ceux qui n’en ont pas, à ceux qui sont dans le besoin et tenter de régler des cas systémiques. En recevant les plaintes du public, nous amenons le débat à une autre place, soit par l’élaboration de plan d’action avec les ministères ou par les recommandations dans un rapport d’enquête, ainsi nous favorisons le mouvement des citoyens. Car bien qu’il soit important de signaler les manquements, il faut aussi apporter des solutions  et faire des propositions au gouvernement basé sur des faits.

Le panel fût suivi d’une période de questions sur les trois volets où l’on a tenté de répondre aux questions en étant conscient que chaque contexte est différent, car les participants sont de partout et de différentes sociétés. On a parlé plutôt de collaboration entre les gouvernants, car de nos jours tout est interrelié avec la mondialisation. Les questions portaient sur divers thèmes, notamment la convergence, l’éveil de la population envers la politique, la place de l’artiste dans la politique, la nécessité des codes déontologiques des journalistes et politiciens, la gouvernance financière, les types de bonne et mauvaise gouvernance, la pratique de corporation au niveau du gouvernement, comment rester maître de ses revendications et le fondement éthique d’une gouvernance.

Je suis toujours heureux de constater que les jeunes désirent s’impliquer dans leur communauté et participer aux débats publics, ils ne sont pas une relève, mais bien des leaders d’aujourd’hui, des participants actifs avec quelque chose à dire. J’aimerais féliciter le Centre de la Francophonie des Amériques pour l’excellente organisation de cette première édition du Parlement qui, je l’espère, aura une suite.

Introduire la plateforme multimédia francophone de TFO dans toutes les classes

Je suis heureux de souligner  que la plateforme multimédia de langue française de TFO sera disponible dans toutes les classes de l’Ontario dès cet automne. Bien que ces ressources pédagogiques multimédias en ligne de TFO  Éducation étaient déjà disponibles aux 12 conseils scolaires de langue française  et quelques classes d’immersion française, l’engagement du gouvernement annoncé le 27 août dernier élargi l’accès à ces ressources au personnel enseignant et élèves de langue anglaise des 60 autres conseils scolaires de la province dans lesquels il y a les programmes de français langue seconde. Ces ressources ont été mise au point par TFO, spécialiste reconnu de l’éducation et de la culture en langue française et sont rendu possible par le financement du gouvernement fédéral offert aux provinces pour l’éducation dans la langue de la minorité.

Lors de cette conférence de presse, la ministre Meilleur a souligné l’importance d’apprendre une deuxième langue ce qui débouche à plus d’opportunités et des postes de haut niveau comme c’est le cas pour la majorité des membres de son bureau, incluant son chef de cabinet qui se doit d’être bilingue. Elle croit fermement que ces outils vont donner l’assurance nécessaire aux étudiants pour continuer à parler en français et continuer à étudier en français.

Pour sa part, Glenn O’Farrell, président et chef de la direction du Groupe Média TFO ont vanté les accomplissements de la plateforme multimédia de TFO qui a reçu plus de 16 millions de clics et qui est consultée non seulement par les enfants en Ontario, mais aussi des quatre coins de la planète. Il croit que plus on offre un accès à un apprentissage des langues en bas âge, mieux sont leurs aptitudes pour tout apprentissage la vie durant, ce qui est un constat incontournable.

Cette annonce est attendue de longue date*, entre autres par l’organisme Canadian Parents for French et les membres de la communauté francophiles qui ont mis beaucoup d’effort, de concert avec le ministère de l’Éducation pour augmenter la qualité des ressources disponibles pour ceux et celles qui poursuivent l’apprentissage de la langue de Molière comme deuxième langue. «C’est un vrai atout pour non seulement les élèves, mais les enseignants et enseignantes d’obtenir de tels outils et ressources créés en Ontario. Ces gens qui reçoivent si rarement un appui solide, c’est vraiment formidable. Nous sommes enchantés de cette annonce qui promet un soutien direct aux francophiles. » explique Mary Cruden, Présidente de Canadian Parents for French.

Je crois qu’il est tout à fait logique de mettre à la disposition ce contenu pédagogique, primé, et innovant en français à parts égales dans les classes à travers l’Ontario. Avec la venue de cette nouvelle subvention, on s’attaque au manque criant de ressources pour les programmes de français langue seconde tel que je l’ai souligné dans le rapport annuel 2013-2014, ce qui exige du personnel enseignant et les familles un effort supplémentaire pour trouver des outils d’apprentissages. Je suis sûre que grâce à ces incroyables outils, le personnel enseignant et les étudiants seront mieux équipés pour la planification des cours et soutiendront les enfants et leurs familles dans l’apprentissage de la langue française.

Bravo au ministère de l’Éducation pour ce très bon coup, bravo à TFO pour l’arrimage essentiel de ses produits de très grande qualité et bravo à CPF pour sa vision et sa ténacité.

La collection primée de plus de 5 000 outils pédagogiques multimédias pourra être consultée par 14 000 enseignants dans 60 conseils scolaires de langue anglaise et profitera à 1 million d’élèves de tous les coins de l’Ontario.

*article disponible en anglais seulement